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20 mars 2012 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies

Je remercie le représentant spécial du Secrétaire général pour sa présentation et salue la présence parmi nous de l’Ambassadeur Tanin.

Je m’associe à la déclaration que fera le représentant de l’Union européenne.

Monsieur le Président

Une revue stratégique de l’activité des Nations Unies en Afghanistan vient d’être achever. Nous entamons une nouvelle page de notre présence dans ce pays, une présence qui a déjà 10 ans.

Alors que les objectifs et le format de la coalition internationale en Afghanistan évoluent, il est normal que les Nations Unies s’adaptent aussi. Les progrès dans le processus de Transition et le passage progressif de témoin aux autorités afghanes d’ici 2014 des tâches civiles et militaires sont reflétés dans le mandat de la mission, comme Monsieur Rassoul nous l’avait demandé dans sa lettre du 1er mars 2011. Les engagements mutuels pris à Bonn pour la décennie dite de la « Transformation » qui suivra la Transition (2015-2024) sont également intégrés, de même que le processus de coopération régionale lancé à Istanbul en novembre dernier.

Le rapport du Secrétaire général contient des recommandations tirées de la revue générale de l’activité des Nations Unies en Afghanistan, menée là-aussi en réponse à la demande de M. Rassoul. La France souscrit aux trois pôles identifiés comme étant le cœur de l’action de la Mission au-delà de 2014 : les bons offices politiques, les droits de l’Homme et notamment les droits des femmes qu’il convient de garder en haut de l’agenda et la cohérence de l’aide internationale.

L’adaptation progressive de la présence des Nations Unies à ces missions et au nouvel environnement créé par le processus de Transition sera le principal défi que le Représentant spécial devra relever en tenant compte de la mise en œuvre des réformes prévues par le processus de Kaboul, les avancées possibles dans la réconciliation inter-afghane et l’évolution du contexte régional et du dialogue politique entre les Etats voisins. Monsieur le Président,

La situation en Afghanistan est volatile et chaque semaine semble apporter son lot de tragédies. La France, comme beaucoup d’autres nations présentes dans cette salle, a payé lourdement le prix du sang.

En même temps, des raisons d’être optimistes existent aussi :

— Des contacts réguliers ont été établis avec les différentes composantes de l’insurrection, susceptibles nous l’espérons de déboucher sur une solution politique au conflit actuel à travers un processus de paix conduit par les autorités afghanes et réunissant toutes les composantes de la société afghane.

— A la suite des attentats qui ont visé les chiites le 6 décembre dernier, les Afghans ont réagi avec une solidarité remarquable, rappelant ainsi leur attachement à l’unité nationale.

— La transition sécuritaire est désormais une réalité pour 50% des Afghans et bientôt 80% sans dégradation de la sécurité dans ces zones.

— Mon ministre vient de co-présider avec son homologue russe à Vienne la troisième réunion ministérielle du Pacte de Paris.

— Une dynamique régionale a été lancée sur les questions de sécurité lors de la Conférence d’Istanbul du 2 novembre 2011.

Dans ce contexte, nous resterons aux côté des afghans et de nos Alliés, tant qu’il le faudra et que le gouvernement afghan nous le demandera. C’est dans cet esprit que nous participerons au Sommet de l’OTAN en mai à Chicago et à la conférence économique qui se tiendra en juillet à Tokyo.

En ce qui concerne la France, nous allons progressivement réduire notre contingent, mettant fin en 2013 à ses missions de combat conformément à la planification de la FIAS, tout en maintenant des formateurs au-delà de 2014. Nous continuerons donc de travailler, avec l’ensemble de la communauté internationale, à la mise en place de forces de sécurité afghanes professionnelles, crédibles et soutenables.

Notre engagement aux côtés des Afghans, en particulier sur le plan civil, sera encadré par le Traité d’amitié et de coopération signé par le Président Karzaï et le Président de la République française à Paris le 27 janvier. Ce traité se concrétisera par une augmentation substantielle de notre engagement civil dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, des échanges culturels, des ressources minières et des infrastructures.

Monsieur le Président,

La France n’a d’autre objectif en Afghanistan que sa stabilisation durable, la fin des sanctuaires du terrorisme international et la maîtrise par les Afghans de leur destin national.

Le succès de la « Transformation » dépend largement de la réussite de la MANUA. Nous sommes donc convaincus que les Nations Unies, en particulier de la MANUA, en auront un rôle majeur à jouer en Afghanistan dans les années à venir.

Je vous remercie.



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