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20 mars 2013 - Conseil de sécurité - Haïti/MINUSTAH - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Représentant spécial ad interim du Secrétaire général, Monsieur Fisher, pour son intervention.

Je m’associe à la déclaration que feront le représentant de l’Union européenne et le Représentant de l’Uruguay au nom du Groupe des Amis.

Monsieur le Président,

Je partage les doutes qui viennent d’être exprimés par mon collègue Britannique sur deux sujets : les élections et la police. En effet, lors de notre dernier débat en octobre, j’avais fait état de progrès sur le plan politique et institutionnel. Malheureusement aujourd’hui le rapport du Secrétaire général nous rappelle que les espoirs que nous avions formés ne se sont pas tous concrétisés.

Je voudrais en particulier rappeler aux autorités haïtiennes les termes de la déclaration à la presse adoptée par ce même Conseil le 28 janvier dernier. Or les élections locales et législatives partielles ont été trop longtemps reportées. Il est essentiel qu’elles puissent se tenir cette année et qu’elles soient libres, inclusives et crédibles. Nous appelons toutes les parties concernées à nommer sans tarder tous les membres du Collège Transitoire du Conseil Electoral Permanent.

Nous sommes également troublés par d’autres informations contenues dans ce rapport sur la multiplication des nominations contestées, des déclarations récentes visant la liberté de la presse et, plus généralement, les déficiences systémiques en matière de défense des droits de l’Homme. Nous notons aussi les prévisions économiques et fiscales relativement décevantes qui, couplées aux difficultés liées aux aléas climatiques, expliquent peut-être aussi la multiplication préoccupante des manifestations à caractère économique et social.

Certes, la MINUSTAH a offert à Haïti 10 ans de calme relatif, sans violence politique. Mais ce calme, dû en grande partie à la présence dissuasive de la Force, ne traduit pas de réels progrès sur le fond permettant à la Police Nationale Haïtienne (PNH) d’assurer seule la sécurité et stabilité. Je reprends toutes les questions soulevées par mon collègue Britannique. Nous soutenons certes les orientations présentées par les autorités haïtiennes pour la période 2012-2016, y compris l’objectif de passer de 10 000 à 15 000 policiers. Mais des raisons de douter du caractère réaliste de cet objectif existent. La MINUSTAH doit rester engagée dans cet effort collectif.

Enfin, nous appuyons l’engagement des nations Unies et les efforts personnels du Secrétaire général pour aider Haïti à éradiquer le Choléra. Nous considérons qu’il ne s’agit pas d’un objectif inatteignable et nous pensons même qu’il peut l’être à court terme, par des mesures ciblées sur lesquelles nous travaillons actuellement avec les autorités haïtiennes.

Monsieur le Président,

La MINUSTAH doit continuer à s’adapter à l’évolution de la situation, en volume et en nature, de façon à remplir son double objectif : contribuer au maintien du calme, mais aussi contribuer à l’appropriation nationale haïtienne au travers du renforcement de l’Etat de droit et de ses instruments majeurs que sont la police et la justice.

Nous devons évidemment écarter un départ précipité de la Mission, mais le maintien indéfini d’une OMP de cette envergure n’est pas une option. Le départ de la MINUSTAH ne doit pas être un tabou mais sa perspective doit être un catalyseur. Nous devons définir et créer les conditions de son succès. Nous devrons réfléchir à une date de retrait, au résultat final recherché et à la présence des Nations unies après le retrait de la MINUSTAH .

Nous saluons le plan de consolidation dans ce contexte qui est contenu dans le rapport du Secrétaire général. Il redonne à cette mission un horizon temporel crédible, car nous devons aux Haïtiens de la clarté dans ce que nous pouvons réaliser dans des délais raisonnables. Nous souscrivons aux quatre objectifs prioritaires identifiés et à une approche basée sur des critères de mesure permettant de calibrer l’évolution de la Mission.

Je voudrais, monsieur le Président, finir par saluer les agents de la MINUSTAH pour leur dévouement et le Représentant spécial ad interim pour son action énergique en cette période de transition au sein de la Mission.

Je vous remercie.

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