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20 septembre 2012 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies


Je remercie le Représentant spécial, M. Jan Kubiš et le Ministre Zalmaï Rassoul pour leurs interventions.

Je m’associe à la déclaration que fera le représentant de l’Union européenne.

Les attaques des policiers et soldats afghans contre leurs formateurs et les actions des insurgés ne doivent pas nous faire perdre de vue les tendances de fond qui, elles, sont positives. La transition se poursuit et la sécurité de 75 % de la population afghane est à présent assurée par les forces de sécurité nationales. Comme le souligne le rapport du Secrétaire général (S/2012/703), il n’y a pas de détérioration de la situation dans les zones transférées. C’est ce que nous avons constaté en Surobi et en Kapisa, où nous laisserons, à la fin de l’année, la troisième brigade de l’armée afghane, qui a démontré sa capacité au combat, assumer ses responsabilités.

Les incidents de sécurité sont en baisse de 30 % par rapport à la même période l’année dernière. Le nombre de victimes civiles a baissé, quoique de façon moins significative. Elles restent à plus de 80 % le fait des insurgés. Les forces de sécurité afghanes ont atteint leur niveau d’effectifs maximal. Nous continuerons notre effort de formation en faveur des militaires et policiers afghans jusqu’en 2014, et allons y consacrer environ un tiers de notre aide totale à l’Afghanistan. Nous n’avons pas d’autre objet que de laisser sur place des forces de sécurité afghanes professionnelles et crédibles qui puissent, au plus tard en 2024, être financées par l’État afghan.

À ces évolutions s’ajoute le soutien de long terme de la communauté internationale à la stabilité et au développement de l’Afghanistan à travers la poursuite de l’aide civile, ce qui a été réaffirmé avec éclat à Tokyo le 8 juillet dernier. Le Ministre français des affaires étrangères a annoncé à cette occasion l’augmentation de 50 % de notre aide civile par rapport aux cinq dernières années, soit un total de 308 millions d’euros, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation, des échanges culturels, de l’archéologie, de la recherche, du développement économique, de la sécurité et de la santé. Cette aide sera encadrée par le Traité d’amitié et de coopération et sera articulée avec les priorités du Gouvernement afghan.

La Conférence de Tokyo a été surtout décisive par les engagements qui y ont été pris des deux côtés : côté afghan, celui d’une bonne gouvernance, de l’organisation d’élections crédibles, transparentes et inclusives dans les délais impartis, de la mise en oeuvre des recommandations économiques internationales, de la lutte contre la corruption, du respect des droits de l’homme et notamment du droit des femmes. Nous attendons de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) qu’elle joue tout son rôle dans le cadre de son mandat pour appuyer les autorités afghanes dans ces tâches difficiles mais indispensables.

La dynamique régionale qui est essentielle pour l’Afghanistan, reste marquée par des forces contradictoires. Le processus lancé à Istanbul est désormais dirigé par les Afghans et appuyé par les pays voisins et pays partenaires qui se réuniront à New York le 24 septembre pour faire le point. La France a marqué son intérêt à participer au développement de mesures de confiance dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, la lutte contre les stupéfiants et la gestion des catastrophes naturelles. Par ailleurs, nous avons noté, comme le Secrétaire général, avec inquiétude l’activité militaire transfrontalière dans la région de Kunar et l’activité militaire des deux côtés de la frontière.

Permettez-moi de conclure en saluant le soutien des Nations Unies à l’Afghanistan, à travers une présence ininterrompue de 60 ans et des équipes qui aujourd’hui, sous la direction du Représentant spécial, font un travail extraordinaire dans des conditions difficiles, au service des Afghans et à l’invitation du Gouvernement afghan.

Ce soutien ne va pas de soi dans un contexte budgétaire contraint et une présence sur différents théâtres de crises qui testent les limites de cette organisation.

Le Gouvernement afghan devra, de plus en plus, créer les conditions du maintien de cette relation, en assurant en premier lieu la sécurité des personnels des Nations Unies comme des ambassades. Nous n’oublions pas les agents de l’ONU tués à Mazar-i-Sharif alors que nous sommes témoins une nouvelle fois d’une situation quasi identique à celle qui a causé leur mort. Les autorités afghanes doivent également tirer pleinement parti du régime de sanctions des Nations Unies comme une mesure de confiance dans la réconciliation inter-afghane, par exemple en proposant de nouvelles inscriptions.

Nous sommes convaincus que les Nations Unies en général et la MANUA en particulier auront un rôle majeur à jouer en Afghanistan dans les années à venir. Nous espérons que les efforts budgétaires ne mettront pas en péril la capacité de la Mission à accomplir le coeur de son mandat défini par le Conseil de sécurité.

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