Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

21 août 2012 - Kosovo/MINUK - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie les Premiers Ministres de la République de Serbie et de la République du Kosovo, pour leur intervention. Je salue aussi la présence de M. Farid Zarif, Représentant spécial du Secrétaire général.

L’essentiel ayant déjà été dit, je limiterai mon intervention à trois remarques :

Premièrement, la fin de l’indépendance supervisée du Kosovo le 10 septembre est une chance à saisir, non pas pour nous ramener aux controverses juridiques du passé mais pour consolider un Kosovo souverain, pacifique, démocratique et multiethnique, vivant en paix avec ses voisins.

Cela passe dans l’immédiat par la reprise du dialogue entre la Serbie et le Kosovo, sous l’égide de l’Union européenne. Nous sommes encouragés par les déclarations des nouvelles autorités serbes annonçant leur volonté d’aller de l’avant et de mettre rapidement en œuvre les accords déjà conclus.

Au-delà, Pristina doit convaincre les Serbes du Kosovo que Serbes et Albanais ont un avenir commun et des intérêts partagés, au Nord comme au Sud de l’Ibar et Belgrade, de son côté, doit démanteler les structures parallèles mises en place dans le Nord. Il est fondamental de consolider les droits des minorités dans l’ensemble du Kosovo, de continuer de protéger leur patrimoine culturel et religieux, et de garantir le retour des réfugiés dans de bonnes conditions.

Deuxièmement, la perspective d’une intégration européenne doit permettre à la Serbie et au Kosovo de tourner la page des conflits. L’avenir de ces deux pays, c’est l’Union européenne.

L’octroi du statut de candidat à la Serbie et le lancement d’une étude de faisabilité en vue d’un Accord de Stabilisation et d’Association pour le Kosovo sont des éléments tangibles des progrès accomplis. Ils ont été rendus possibles par les progrès du dialogue entre Belgrade et Pristina qui a apporté des résultats concrets depuis mars 2011. L’Union européenne va centrer ses efforts sur le soutien au dialogue politique entre les deux parties et au respect des accords passés entre les deux capitales. Sur le terrain, EULEX et KFOR vont continuer à accompagner la transition pacifique et vont désormais mettre l’accent sur l’Etat de droit et la libre circulation dans le nord du Kosovo et redimensionner leur présence en conséquence.

La MINUK doit prendre acte de cette évolution. La présence internationale au Kosovo n’a pas vocation à se prolonger indéfiniment, alors que les institutions kosovares gagnent en maturité et sont de plus en plus en mesure de garantir la sécurité et les droits politiques des minorités.

Troisièmement, cette région n’est condamnée ni au cycle des violences, ni au gel du conflit.

La situation sur le terrain progresse dans le bon sens mais reste fragile Les soldats et personnels déployés dans le cadre de la KFOR et d’EULEX sont chargés d’assurer le respect de la liberté de circulation au Kosovo, conformément à la résolution 1244. Toute entrave à leur propre liberté de circulation et toute violence contre eux doit être condamnée sans ambigüité.

Enfin, l’absence de consensus de la communauté internationale ne doit pas devenir prétexte pour l’inaction. Les binationaux kosovars serbes vivant au Kosovo ont pu participer pacifiquement aux élections législatives et présidentielles de Serbie. Le transfert de la mission de sécurité du monastère de Devic à la police kosovare s’est fait de façon satisfaisante. Preuve que lorsque la volonté politique des deux parties est au rendez-vous, des accords sont possibles et même rapides dans les domaines les plus sensibles.

Je vous remercie.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU