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21 août 2014 - Conseil de sécurité - Prévention des conflits - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies, chargé d’Affaires a.i.

Monsieur le Président,

Je remercie le Secrétaire général et la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme pour leurs interventions. Je voudrais remercier d’autant plus chaleureusement Madame Pillay que c’est la dernière fois que nous avons le plaisir de la recevoir en tant que haut-commissaire. Je voudrais rendre hommage à son engagement et à l’influence qu’elle a exercé sur ce Conseil. On peut dire que pendant votre mandat, Madame, les droits de l’Homme se sont imposés dans notre agenda. On peut encore faire mieux mais cette évolution est irréversible et cela est grâce à vous.

Monsieur le Président

La prévention des conflits est au cœur du mandat du Conseil de sécurité et c’est une des vocations premières des Nations unies. Or, la multiplication des crises dans plusieurs régions du monde nous rappelle combien nous devons encore améliorer nos outils de prévention. Dans certains cas, la menace était identifiée mais ce Conseil n’a pas agi, faute de consensus. Je pense évidemment à la Syrie, où le blocage d’une action précoce du Conseil de sécurité et des Nations unies a permis à la crise d’atteindre le degré de gravité actuel. Dans d’autres cas, le risque n’a pas été suffisamment perçu, faute d’alerte précoce. Et là je pense au Soudan du Sud, où la montée des tensions et des violences n’a pas reçu de réponse adaptée jusqu’à l’éclatement des hostilités.

Tous les outils mis en place pour le système des Nations unies doivent être employés pour permettre la meilleure information possible du Conseil de sécurité. Au cœur de ce dispositif, nous avons été nombreux à le dire, le Secrétaire général joue un rôle capital défini par l’article 99 de la Charte. De sa propre initiative, le Secrétaire général peut, en particulier, alerter le Conseil sur toutes les situations qui pourraient mettre en danger la paix et la sécurité internationales. Dans le même esprit, les briefings réguliers de la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme ont fait la preuve de leur utilité. Et là aussi, je voudrais dire que nous soutenons la proposition, faite par le Haut-Commissaire tout à l’heure, d’un briefing mensuel du Conseil de sécurité. Cela rentre pleinement dans son mandat ainsi que dans celui de ce Conseil. Il en va de même des briefings réalisés par le conseiller spécial pour la prévention du génocide. Dès les prémices de la crise en République centrafricaine, M. Adama Dieng a alerté ce Conseil sur sa gravité et a contribué à la mobilisation de la communauté internationale. De telles interventions doivent donc être plus fréquentes et le Conseil doit faire plus systématiquement usage des informations qui lui sont fournies. Le Conseil devrait par exemple faire utilement usage des informations recueillies par les procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme. Nous devons aussi impliquer davantage les acteurs extérieurs, nous avons été nombreux à le dire, comme les organisations régionales et la société civile, y compris dans le cadre de réunions en format Arria.

Une fois que ces signaux d’alertes ont été allumés, il faut maintenant que le Conseil puisse agir. Pour cela le Conseil dispose d’outils complémentaires. Le renvoi à la Cour pénale internationale, l’imposition de sanctions, la médiation, par exemple, peuvent permettre de désamorcer les tensions, et de ramener le calme et de stabiliser les situations. La capacité du Conseil à agir en ce sens est donc déterminante. Prévenir c’est donc agir, comme tous les Etats membres des Nations unies s’y sont engagés en adoptant le concept de responsabilité de protéger en 2005. C’est dans cet esprit que la France s’est engagée en faveur d’une limitation de l’usage abusif du veto par les membres permanents du Conseil de sécurité en cas de crimes graves. Nous appelons de nos vœux une approche commune des cinq membres permanents à nos côtés. Et cette démarche, je suis heureux de le dire, a reçu un large soutien de la société civile et de nombreux Etats membres de l’organisation. Je remercie tous ceux qui se sont exprimés en sa faveur.

Merci Monsieur le Président.



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