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23 novembre 2011 - Conseil de sécurité
Nouveaux défis pour la sécurité - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie naturellement tous les intervenants de leur présentation et je salue l’initiative de la présidence portugaise.

Depuis le débat de février 2010 sur les menaces transversales, que mon pays avait proposé, des avancées ont été réalisées dans le traitement de ces questions par le Conseil. Je pense notamment à la résolution 1983 sur la sécurité et le sida, au débat à l’initiative du Gabon sur le trafic de drogues et la criminalité organisée, transnationale et au débat organisé par l’Allemagne sur le changement climatique. Ces avancées marquent l’intérêt du Conseil pour ces questions : il est en effet de notre responsabilité d’anticiper les conséquences de ces nouvelles menaces sur la paix et la sécurité internationales.

Je remercie le Directeur de l’ONUDC pour son intervention. En minant les capacités de gouvernance et de développement économique des Etats, les trafics illicites et la criminalité organisée affaiblissent les structures étatiques et déstabilisent des régions entières. Le Conseil a pu le constater lui-même en ce qui concerne Haïti, l’Afghanistan et la Guinée Bissau. Une attention particulière devrait désormais être portée au Sahel compte tenu de l’aggravation de la situation sécuritaire de la région, contaminée par des trafics multiples, il est temps que nous élaborions une stratégie sahélienne.

Les programmes régionaux de l’ONUDC contribuent avec efficacité à l’approche globale, concertée et intégrée que le Conseil appelle de ses vœux pour prévenir les conflits comme l’ont prouvé les interventions de mes collègues. La France est engagée dans la promotion de cette stratégie : les réunions du G8 sur la cocaïne et du Pacte de Paris début 2012 s’inscrivent dans le cadre tracé par le Conseil au cours de ses décisions successives. Par ailleurs mon pays appelle à l’universalisation de la Convention de Palerme et de ses protocoles, de la Convention contre la corruption et des instruments de lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes.

Je tiens également à remercier la Directrice générale de l’OMS. La lutte contre les risques, naturels et accidentels, et contre les menaces appellent des actions communes pour renforcer, à tous les stades, les systèmes de surveillance, d’alerte, de préparation à la réponse et de gestion des crises sanitaires. Au cours de la dernière décennie, nous avons enregistré des progrès notables pour mieux nous préparer et prévenir les risques pandémiques.

Il y a onze ans, la résolution 1308 du Conseil reconnaissait déjà que la pandémie du SIDA menaçait la paix et la sécurité internationales. En juin dernier, nous avons rappelé combien le SIDA constituait un handicap pour la stabilisation après les conflits, notamment parce que cette pandémie touche en premier lieu les femmes, dont le rôle est primordial dans la phase de reconstruction. Le Conseil a aussi appelé à une action concertée contre la propagation du SIDA pendant le conflit, compte tenu de l’augmentation des violences sexuelles comme armes de guerre.

L’OMS reste le chef de file pour la sécurité sanitaire dans les situations de crises, notamment en périodes de conflits ou après les conflits. L’OMS doit aussi poursuivre son action de surveillance des risques épidémiques et pandémiques, en s’appuyant sur le réseau des points de contact qu’elle a mis en place. L’Organisation doit veiller au respect du Règlement sanitaire international révisé, instrument juridiquement contraignant pour l’ensemble des Etats membres depuis son entrée en vigueur en 2007. Le Cadre de préparation à une pandémie de grippe, approuvé en mai dernier par l’Assemblée mondiale de la santé, pourrait être utilement mis à profit pour d’autres catégories de pandémies.

Enfin, comme la rappelé le Haut Commissaire aux réfugiés, le déplacement des populations répond à des causes complexes. Il doit davantage retenir l’attention du Conseil. La situation des réfugiés et des personnes déplacées résulte de conflits, autant qu’elle peut être un frein au rétablissement de la stabilité. Le changement climatique, qui est un facteur parmi d’autres de la décision de migrer, doit être mieux pris en compte dans la prévention des conflits.

Plus généralement et comme l’a rappelé le débat de juillet dernier, la menace climatique nous concerne tous : impact sur les petits Etats insulaires, sur la sécurité alimentaire, sur les ressources en eau, sur la viabilité des régions côtières. Mon pays souhaite et espère, que la conférence de Durban permette de donner un contenu opérationnel aux accords négociés à Cancun, afin que la communauté internationale prouve sa capacité à agir contre les menaces lorsqu’il en est encore temps.

La France souhaite que le Conseil reste investi de ces questions, qui mettent en péril la paix et la sécurité internationales et ont des conséquences sur ses travaux. La France est favorable à ce que le Conseil débatte de ces questions de manière plus régulière et systématique.

Je vous remercie.



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