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25 juin 2014 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Philippe Bertoux, conseiller politique de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant du Secrétaire général, M. Jan Kubis, ainsi que le Directeur exécutif de l’ONUDC, M. Fedotov, pour leurs présentations.

L’absence parmi nous aujourd’hui à New York de M. Kubis témoigne bien de l’importance de suivre heure par heure la situation dans le pays et du besoin sans cesse renouvelé d’une présence attentive aux côtés de l’Afghanistan. J’en profite pour remercier la MANUA de son travail exemplaire et saluer tous ses agents pour leur engagement.

Monsieur le Président,

L’Afghanistan vient de connaître un tournant majeur de sa vie politique.

La tenue des deux scrutins des élections présidentielles, mais également des élections provinciales, a révélé le haut degré de professionnalisme des instances afghanes en charge de leur organisation.

Plus encore, la participation massive des Afghans, en particulier des femmes, aux deux tours des présidentielles témoigne de leur courage et de leur désir d’embrasser les règles démocratiques.

Nous adressons en particulier nos félicitations aux forces de sécurité afghanes pour leur performance remarquable dans la sécurisation de ce rendez-vous démocratique. Elles ont ainsi contrecarré les visées de ceux qui refusent le choix résolu des Afghans pour un avenir où la violence et la coercition ne sont pas des options politiques.

Monsieur le Président,

La phase post-électorale est aussi critique que la préparation du scrutin. Il est essentiel que d’éventuelles contestations des résultats, si elles ne s’exprimaient pas selon les règles et les procédures, ne viennent pas ternir ce succès de la démocratie afghane. Il ne peut y avoir de mode de désignation du futur président afghan qu’à travers le respect du processus électoral. et ceci vaut pour les prochains mandats également

Les deux candidats en lice doivent se conformer aux opérations en cours et à éviter toute rhétorique provocatrice. La confiance dans les phases de dépouillement, de comptage et de proclamation des résultats est la clef de la légitimité du futur président, et partant, de sa capacité à prendre les rênes du pays.

Nous saluons à ce titre la décision prise par le Dr Abdullah Abdullah de reprendre sa coopération avec les institutions compétentes.

Une déclaration présidentielle a été préparée à cette fin à l’initiative de l’Australie, qui salue l’engagement de tous acteurs pour la réussite de cette phase.   Monsieur le Président,

L’entrée de l’Afghanistan dans une nouvelle phase ne doit pas faire oublier les nombreux défis auxquels le pays est toujours confronté et pour lesquels l’appui de la communauté internationale reste nécessaire.

Nous sommes préoccupés par la recrudescence du trafic de drogues. Je ne reviens pas sur l’ampleur du problème. Nous connaissons d’ailleurs les efforts des Afghans sur ce front, justement rappelés par le Secrétaire général dans son rapport.

Mais nous savons surtout que le défi à relever suppose l’engagement de tous, en particulier des partenaires régionaux de l’Afghanistan. Tout doit être fait pour éviter le pire : laisser l’Afghanistan à lui-même, avec une insurrection certes affaiblie mais pas totalement réduite ; des forces de sécurité afghanes qui ont prouvé leur robustesse et leur efficacité, mais que le retrait de la communauté internationale inquiète ; avec un tissu socio-économique et institutionnel reconstruit mais encore très fragile.

La déclaration présidentielle que nous adoptons aujourd’hui à l’initiative de la Russie dresse précisément ce constat. Elle n’est pas une critique faite aux Afghans alors que de nouvelles autorités vont bientôt assumer le pouvoir. Elle n’est pas non plus une directive encadrant a priori l’avenir de l’engagement international.

Elle est une invitation à réfléchir alors que se termine une phase d’intense engagement de la communauté internationale, à la forme que prendra notre présence future. Cette déclaration présidentielle, qui reprend les grands principes déjà énoncés par ce Conseil, entend indiquer que le sujet de la lutte contre la drogue fera aussi partie de notre réflexion.

L’action de la communauté internationale en Afghanistan doit en effet s’adapter. Les modèles appliqués jusqu’alors, marqués par la stratégie de contre-insurrection, évolueront nécessairement. Pour autant, nous ne renoncerons pas aux valeurs pour lesquels nous nous sommes battus, aux côtés des Afghans, depuis dix ans. Je pense en particulier à la place et aux droits des femmes dans la société afghane.

Nous avons quelques mois devant nous pour évaluer et déterminer comment la communauté internationale pourra soutenir l’Afghanistan dans le long terme. A ce titre, la place qu’occupe la lutte contre la drogue dans le mandat de la MANUA devra être renforcée. Toutes les synergies possibles entre les acteurs présents en Afghanistan devront être soutenues, et, sans en faire une agence de lutte contre la drogue, c’est à la MANUA qu’incombera ce rôle.

Je vous remercie


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