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26 juin 2013 - Conseil de sécurité - Opérations de maintien de la paix - Intervention de M. Philippe Bertoux, conseiller politique de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Nous nous félicitons de la tenue de ces échanges désormais réguliers entre les responsables du maintien de la paix au Secrétariat et le Conseil de Sécurité, qui constituent l’un des principaux fruits de l’initiative franco-britannique de 2009. Nous remercions les Commandants de force de la MINUL, de l’ONUCI et de la MONUSCO pour leurs interventions. Leur vision de terrain est essentielle pour nourrir notre réflexion.

Les opérations de maintien de la paix sont l’une des activités emblématiques des Nations Unies. Alors que le nombre et la complexité de ces opérations ne cessent de croître, nous continuons de plaider pour le renforcement de l’expertise militaire, l’amélioration de la coopération du Conseil avec les pays contributeurs en troupes et en éléments de police, ainsi que pour une meilleure maîtrise du coût des OMP. Nous soutenons à cet égard les orientations du groupe consultatif de haut niveau qui visent à concilier la maîtrise des coûts et l’efficacité opérationnelle du maintien de la paix.

Monsieur le Président,

Je voudrais tout d’abord rappeler l’engagement de la France au service du renforcement des capacités de maintien de la paix des Nations-Unies. La France participe à 7 des 15 opérations de maintien de la paix des Nations Unies avec près de 1000 hommes et femmes. Outre cette contribution directe, la France déploie également environ 10 000 hommes et femmes sur différents théâtres d’opérations extérieures dans des opérations mandatées par le Conseil de Sécurité conduites et dirigées par l’UE, l’OTAN ou à titre national.

La France soutient la participation des Etats d’Afrique aux opérations de maintien de la paix au travers du réseau des écoles nationales à vocation régionale (ENVR) au sein desquelles sont dispensés les savoir-faire techniques et opérationnels adaptés aux besoins des cadres des armées africaines. Elle participe également aux côtés de ses partenaires européens au programme de renforcement des capacités africaines de maintien de la paix, EURORECAMP, dont elle a elle-même initié le concept en 1997.

M. Le Président, permettez-moi quelques réactions aux interventions des commandants de force que nous venons d’entendre.

Nous appuyons toutes les initiatives en vue d’une formation optimale et d’un entraînement régulier des contingents, avant ou durant leur déploiement. Les évolutions des dix dernières années – lutte contre l’impunité et, dans certains cas, mandat donné à des OMP de travailler à l’arrestation de personnes recherchées par la CPI, en RDC ou au Mali, protection des civils, vigilance particulière sur les violences sexuelles – nécessitent une formation adaptée. Nous saluons les efforts du DOMP pour élaborer des standards opérationnels et fournir aux différents pays contributeurs des manuels de formation qui leur permettent de déployer des troupes aptes à mener les tâches de plus en plus complexes dévolues aux opérations de maintien de la paix. L’exemple récent du manuel sur le bataillon d’infanterie générique des Nations Unies constitue une base solide pour les contributeurs en vue d’œuvrer à un maintien de la paix plus efficace. Je voudrais tout particulièrement insister ici sur l’importance de la formation des contingents au respect des droits de l’Homme, et profiter de cette occasion pour apporter tout notre soutien aux politiques émises par le Secrétaire général à cet égard, notamment la politique de diligence voulue, qui a été prise en compte par le Conseil dans la mise en place de la MINUSMA au Mali.

Sur la question de l’utilisation de technologies modernes dans les opérations de maintien de la paix, nous nous félicitons de l’expérimentation de l’emploi tactique des drones de surveillance qui va bientôt débuter au sein de la MONUSCO. Nous attendons avec beaucoup d’intérêt l’analyse qui sera faite par le DOMP sur les premiers retours d’expérience afin d’envisager d’autres déploiements au sein de l’ONUCI ou de la MINUSS. Ces systèmes sont d’excellents multiplicateurs de force qui participent de l’amélioration de l’efficacité des opérations de maintien de la paix dans un contexte de ressources limitées. D’autres pistes méritent d’être explorées, notamment dans le domaine des hélicoptères où les technologies modernes permettent des économies de carburant notamment et surtout augmentent significativement la sécurité des vols.

Enfin, lorsque des événements imprévus risquent de déstabiliser un pays, la coopération entre les missions que nous a présentée le commandant de l’ONUCI est une réponse adaptée et performante afin de renforcer ponctuellement, en hommes et en matériels, les missions qui en ont besoin. Cette coopération est un mécanisme souple qui a fait la preuve de son efficacité en Afrique de l’Ouest, entre l’ONUCI et la MINUL, en Afrique de l’Est, où des hélicoptères de la MONUSCO ont pu être temporairement déployés au sein de la MINUSS, au Moyen-Orient, où le déploiement très rapide de la MISNUS en Syrie n’a été possible que grâce au soutien logistique de la FINUL et au redéploiement d’observateurs militaires, de personnel civils, d’équipements et de véhicules provenant d’autres missions.

Je ne saurais conclure sans saluer l’engagement des casques bleus de toutes les nationalités, qui payent parfois de leur vie leur dévouement au service de la paix. La France leur rend hommage.

Je vous remercie.

En savoir plus sur les opérations de maintien de la paix.



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