Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

27 avril 2010 - Conseil de sécurité - Femmes, Paix et Sécurité : Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier d’avoir organisé cette réunion du Conseil sur " Les femmes, la paix et la sécurité ".

I - La France se félicite de votre nomination, Mme Wallström au poste de Représentant spécial du Secrétaire Général sur la violence sexuelle dans les conflits. Nous vous remercions de votre analyse franche des voies et moyens d’améliorer l’efficacité du système des Nations Unies dans ce domaine.

Nous soutenons vos recommandations :

— il est nécessaire que le Conseil continue de prendre en compte la situation des femmes dans les conflits dans le cadre de ses attributions concernant le maintien de la paix et de la sécurité internationales, en complément des actions menées par les autres organes, entités, fonds et programmes des Nations Unies en faveur de la promotion de la femme ;

— parallèlement, le système des Nations Unies doit renforcer la cohérence de son action et nous nous réjouissons à cet égard de la coopération déjà mise en place avec la Représentante Spéciale du Secrétaire Général pour la protection de l’enfance dans les conflits armés, Mme Coomaraswamy.

— et l’accent doit effectivement être mis sur la prévention des violences sexuelles, notamment pour éviter leur systématisation dans le cadre de véritables tactiques de guerre. A cet égard, le Conseil doit poursuivre ses efforts pour intégrer de manière systématique l’approche recommandée dans ses résolutions sur " Les femmes, la paix et la sécurité " dans les mandats des opérations de maintien de la paix et convaincre les parties au conflit d’intégrer eux-mêmes cette perspective dans les processus de paix.

Nous vous remercions des éléments communiqués sur votre récente visite en République Démocratique du Congo. Ils nous aideront à préparer la prochaine visite du Conseil dans ce pays, mi-mai. Nous continuerons bien sûr de plaider auprès des autorités congolaises pour que les cinq auteurs de violences sexuelles dont la situation a été portée à leur attention soient traduits en justice. Certaines procédures judiciaires ont été enclenchées, mais les choses avancent lentement. La lutte contre les violences sexuelles et contre l’impunité reste une priorité en République Démocratique du Congo.

La liste est longue, des autres situations dramatiques, et elle n’est malheureusement pas exhaustive : les exactions commises au Népal, en Birmanie, à l’encontre des femmes appartenant à des groupes ethniques, en Côte d’Ivoire, où le niveau des violences sexuelles reste élevé dans les anciennes zones de conflit, ainsi qu’en Guinée et au Kenya, sont là pour nous le rappeler.

Pour y faire face, les mesures concrètes que vous évoquez, dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1888, telles que la mise en place d’équipes d’experts susceptibles d’être déployés rapidement sur le terrain et la mise en place de conseillers pour la protection des femmes au sein des OMP devraient auront un impact positif.

Mais votre tâche est immense, Madame. Vous pouvez en tout cas compter sur la France pour vous aider à la remplir en continuant de soutenir votre action avec détermination.

Monsieur le Président,

II - Je voudrais maintenant remercier Mme Mayanja pour son intervention et saluer le travail remarquable accompli par ses services pour présenter au Conseil des indicateurs de suivi de la mise en œuvre de la résolution 1325.

La déclaration présidentielle que nous allons adopter à la fin de cette réunion est de nature technique : elle ouvre une phase de consultations entre le Secrétariat et le Conseil – au cours des six prochains mois –, qui devra aboutir à l’adoption en octobre prochain par le Conseil d’un ensemble cohérent d’indicateurs proposés par le Secrétaire Général, conformément à l’objectif fixé dans la résolution 1889.

Je ne vais pas revenir sur chacun des indicateurs, ils sont désormais bien connus de tous. Je voudrais seulement saluer la prise en compte des femmes et des filles dans les programmes de démobilisation et de réintégration. La France attache une importance particulière à cette question, car les femmes et les filles sont souvent laissées pour compte des programmes de démobilisation et de réintégration, parce qu’elles ne constituent qu’une part infime des porteurs d’armes. L’un des apports fondamentaux des Principes et des Engagements de Paris, définis en 2007 en partenariat avec l’UNICEF, est précisément de permettre une meilleure prise en compte de cette dimension.

III – En conclusion, Monsieur le Président, permettez-moi de rappeler que la France soutient la recommandation du Secrétaire Général d’organiser une réunion ministérielle au siège des Nations Unies, à l’occasion du 10ème anniversaire de la résolution 1325, en octobre 2010, pour faire le bilan des progrès réalisés au cours de la dernière décennie et pour ouvrir de nouvelles perspectives.

Monsieur le Président, je vous remercie./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU