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27 juin 2012 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de Mme Béatrice Le Fraper, premier conseiller de la France auprès des Nations unies

Je remercie MM. Hervé Ladsous, Yuri Fedotov et l’Ambassadeur Tanin pour leur présentation. Je m’associe à la déclaration que fera le représentant de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Le Sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Chicago le mois dernier a fixé un calendrier d’évolution pour la FIAS, de même que des objectifs pour des forces de sécurité afghanes professionnelles, crédibles et soutenables. Il a entériné le principe de création d’une nouvelle mission de l’OTAN qui sera, à partir de 2015, chargée de fournir formation, conseil et assistance aux forces afghanes. Je me réjouis que M. Evans pour le Secrétariat International de l’OTAN puisse nous présenter aujourd’hui ces résultats.

La dynamique régionale lancée à Istanbul en novembre dernier a été confirmée par la réunion ministérielle qui s’est tenue ce 14 juin à Kaboul. La France indiqué à cette occasion notre intérêt à participer au développement de mesures de confiance dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, de la lutte contre les stupéfiants et de la gestion des catastrophes naturelles. Nous nous tenons prêts à participer également à une nouvelle réunion en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York si les autorités afghanes l’estiment utile. La coopération régionale reste une des clés de l’avenir de l’Afghanistan et, de ce fait, une priorité pour tous.

Nous remercions M. Kubish pour son engagement dans la préparation de la conférence économique qui se tiendra le 8 juillet à Tokyo. L’adoption de cinq nouveaux programmes prioritaires nationaux (NPP) permettra d’avancer dans la formulation des priorités afghanes. Nous souhaitons que la conférence puisse également préciser les engagements mutuels pour la décennie de la transformation, en particulier la nécessité pour les Afghans de préciser le calendrier et les modalités des prochaines élections nationales. Nous souhaitons qu’un accord puisse être trouvé dans la mise en place d’un mécanisme transversal en matière de lutte contre le trafic de drogue, un des défis majeurs pour l’Afghanistan, pour ses voisins et pour l’ensemble de la communauté internationale.

Monsieur le Président,

La France inscrit son action dans le cadre défini par l’OTAN à Lisbonne et Chicago. Surobi et Kapisa, où nos troupes sont déployées, font parties des tranches 2 à 3 de la Transition qui est désormais une réalité pour 75% des Afghans. Nous allons progressivement réduire notre présence militaire. Notre mission de combat s’achèvera à la fin de l’année, laissant ainsi en première ligne la 3ème brigade de l’Armée Afghane qui a déjà démontré sa capacité au combat. Nous continuerons de mener une action de formation en faveur des militaires et policiers afghans dans le cadre de la FIAS jusqu’en 2014.

Au-delà, notre action sera encadrée par le Traité d’amitié et de coopération signé par le Président de la République et le Président Karzaï à Paris le 27 janvier dernier. Le plan d’action 2012-2016 qui l’accompagne se concrétisera par une augmentation importante de notre engagement civil dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, des échanges culturels, des ressources minières et des infrastructures. Nous nous bien sur sommes engagés à articuler cette action avec les priorités du gouvernement afghan.

Monsieur le Président,

A Chicago, le Secrétaire général a réaffirmé que les Nations unies continueraient de soutenir le gouvernement afghan. Les Nations unies auront ainsi un rôle important à jouer dans le contexte de la transition.

Le régime de sanctions des Nations unies doit continuer à être utilisé comme une mesure de confiance dans la réconciliation inter-afghane, récompensant ceux qui ont fait le choix de la paix et punissant ceux qui veulent poursuivre sur le chemin de la violence. Nous examinerons dans cet esprit les demandes de radiation, inscription et exemptions transmises au Comité créé par la résolution 1988 par le gouvernement afghan, mais il est important que le Gouvernement s’approprie cet outil en proposant aussi de nouvelles inscriptions.

La MANUA sera de plus en plus au cœur de l’effort de la communauté internationale à mesure que celui-ci évolue vers un soutien et une présence civile. La France souscrit aux trois pôles identifiés récemment par le Secrétariat comme étant le cœur de l’action de la Mission au-delà de 2014 : les bons offices politiques, les droits de l’Homme et notamment les droits des femmes et la cohérence de l’aide internationale. La bonne articulation avec les Fonds et Programmes restera essentielle, qu’il s’agisse de réforme électorale, de lutte contre la drogue, de soutien à la police afghane, de réintégration des insurgés et d’aide aux réfugiés.

Sur tous ces fronts, nous nous réjouissons de pouvoir continuer à travailler avec les Nations unies, en tant qu’acteur central pour l’avenir de l’Afghanistan.

Je vous remercie.



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