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27 novembre 2012 - Conseil de sécurité - Kosovo/MINUK - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général pour son exposé et les ministres des Affaires étrangères de Serbie et du Kosovo pour leur intervention.

Comme l’indique le rapport du Secrétaire général et vient de le rappeler M. Zarif, nous pouvons nous réjouir de plusieurs développements intervenus depuis notre dernière rencontre. Je citerai trois d’entre eux.

Premièrement, la fin de l’indépendance supervisée du Kosovo le 10 septembre est venue tourner une page de l’histoire du nouvel Etat. Elle constitue une chance à saisir pour consolider la réalité d’un Kosovo souverain, pacifique, démocratique et multiethnique, respectueux des droits de l’Homme et vivant en paix avec ses voisins.

Pour cela, Pristina doit convaincre les Serbes du Kosovo que Serbes et Albanais ont un avenir commun et des intérêts partagés, au Nord comme au Sud et donner des gages concrets de sécurité et de décentralisation aux Serbes du nord du Kosovo, en explorant toutes les possibilités offertes par le plan Ahtisaari. Nous considérons la mise en place par les autorités kosovares d’un bureau administratif au Nord de Mitrovica comme un pas dans la bonne direction, mais il faut aller plus loin en termes de vision politique et d’investissements publics. Belgrade, de son côté, doit également contribuer au règlement de la question notamment en trouvant une solution à la question des structures parallèles illégales au Nord, par leur suppression (pour les structures de force) ou leur intégration dans le cadre légal kosovar (pour les structures socio-économiques).

Nous soutenons l’intégration du Kosovo dans la communauté internationale et sa reconnaissance par un nombre croissant d’Etats. Le fait que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ait décidé d’accueillir le Kosovo en tant que membre favorisera son développement socio-économique et la stabilité de la région.

Deuxièmement, le dialogue entre la Serbie et le Kosovo, sous l’égide de l’Union européenne, a repris à un niveau politique, celui des chefs de gouvernement. Il s’agit d’un geste important et constructif qui confirme la volonté des deux parties de normaliser leurs relations dans le cadre de leur rapprochement européen. Nous soutenons naturellement les efforts de Mme Ashton vers un règlement d’ensemble de la question, qui permettre aux deux pays de consacrer pleinement leur énergie et leurs efforts à leur perspective européenne.

Nous sommes encouragés par les progrès accomplis sur la voie d’une gestion intégrée de la frontière (IBM). Nous souhaitons que les accords déjà conclus soient mis en œuvre de bonne foi et que la nouvelle dynamique permette d’aboutir à des avancées dans de nouveaux domaines au plus grand bénéfice des citoyens des deux pays.

Troisièmement, la situation sécuritaire au Kosovo est restée calme, malgré quelques incidents. Nous suivons avec attention la situation au Nord de Mitrovica. Le bureau de la MINUK doit faire preuve de toute la neutralité requise.

Comme le souligne le rapport du Secrétaire général, il est fondamental de consolider les droits des personnes appartenant aux minorités au Kosovo, de protéger le patrimoine culturel et religieux, et de garantir le retour des 18 000 réfugiés et déplacés internes dans de bonnes conditions de sécurité et de réinsertion. Le respect des droits de l’Homme est essentiel à la stabilité du Kosovo.

Nous rappelons également que les personnes déployées dans le cadre de la KFOR et d’EULEX sont chargées d’assurer le respect de la liberté de circulation au Kosovo, conformément à la résolution 1244. Toute entrave à leur propre liberté de circulation est inacceptable.

Monsieur le Président.

La perspective d’une intégration européenne doit permettre à la Serbie et au Kosovo de tourner définitivement la page des conflits. L’avenir de ces deux pays, c’est l’Union européenne.

Nous souhaitons pouvoir passer, le moment venu, à l’étape des négociations d’adhésion avec la Serbie, dès que les conditions définies par le Conseil de l’UE seront remplies. La France soutient par ailleurs la négociation d’un Accord de stabilisation et d’association avec le Kosovo quand les conditions préalables posées par la Commission seront satisfaites. Nous encourageons à cet égard le gouvernement du Kosovo à poursuivre les réformes nécessaires en matière d’Etat de droit, de réforme de l’administration publique et d’environnement des affaires.

Nous soutenons l’engagement accru de l’Union européenne au Kosovo. Il est essentiel que les autorités de ce pays coopèrent activement avec la mission EULEX, notamment dans l’enquête sur les allégations de trafic d’organes. Nous nous félicitons que le rapport d’EULEX, annexé à celui du Secrétaire général, donne au Conseil de sécurité des indications sur les progrès accomplis et que M. Williamson ait pu faire le point avec les plus hautes autorités de Serbie. Il est également important que le gouvernement du Kosovo travaille en étroite collaboration avec le Représantant sp&écial de l’UE et Chef du Bureau de l’UE, M. Zbogar.

Je voudrais conclure en remerciant le Représentant spécial et les agents de la Mission des Nations unies au Kosovo pour leur action. Nous invitons la MINUK à continuer à coopérer avec les autres organisations internationales présentes au Kosovo et à adapter son action aux évolutions en cours.

Je vous remercie.


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