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28 avril 2010 - Débat public du Conseil de sécurité sur Haïti : Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Le Représentant de l’Union européenne prononcera tout à l’heure une intervention, à laquelle la France s’associe.

Je salue la présence du Premier ministre haïtien, M. Jean-Max Bellerive. Comme le Président de la République Nicolas Sarkozy l’avait dit lors de sa visite en Haïti en février, c’est aux Haïtiens et à eux seuls de définir leur projet national. M. Bellerive a, aux côtés du Président Préval, œuvré avec énergie et efficacité pour présenter ce projet qui a reçu le soutien de la communauté internationale lors de la Conférence de New York.

Je voudrais aussi rendre hommage au Représentant spécial et, à travers lui à tous les personnels de l’ONU qui travaillent sans relâche dans des conditions extrêmement difficiles. Malgré des pertes terribles, la MINUSTAH a fait face à la situation avec une efficacité remarquable : la situation sécuritaire reste sous contrôle, le processus politique n’a pas été interrompu, l’aide humanitaire s’appuie sur le dispositif de la MINUSTAH. M. Mulet a joué un rôle irremplaçable en assurant la continuité de l’action de l’ONU. Il jouit du respect et de la confiance des Haïtiens, il doit bénéficier du plein soutien du Conseil de sécurité.

Monsieur le Président,

Le drame qui a frappé Haïti est l’occasion d’inventer un nouveau modèle politique, économique et social pour Haïti, un modèle reposant sur une répartition des ressources plus juste, grâce à une décentralisation politique, institutionnelle et économique.

La MINUSTAH a un rôle essentiel à jouer dans ce contexte, celui de contribuer à la création d’un environnement politique et sécuritaire favorable. Ce rôle n’a pas changé depuis le séisme, mais l’ampleur des besoins et des défis a augmenté. Nous marquons notre soutien à l’approche développée dans le rapport du SGNU : les bons offices politiques, le maintien de l’ordre, la promotion des droits de l’Homme et le renforcement de l’Etat de droit doivent plus que jamais constituer le cœur du mandat de la MINUSTAH. Nous estimons aussi, comme le Représentant spécial, qu’il est temps de développer une nouvelle approche, donnant la priorité au renforcement de l’Etat haïtien. C’est pourquoi nous approuvons le principe d’une intervention renforcée de la MINUSTAH en appui des institutions haïtiennes, qui constitue une réponse pragmatique à une situation extraordinaire. La priorité est de consolider les institutions touchant à l’Etat de droit, en particulier le secteur de la justice. Cette intervention devra naturellement se faire dans le respect des institutions et de la souveraineté haïtienne, la MINUSTAH agissant en dernier ressort et à titre temporaire.

Monsieur le Président,

La Conférence de New York a été un grand succès, financier mais aussi politique. Un suivi régulier des montants alloués et du degré d’avancement des projets et réformes annoncés sera indispensable. Nous nous réjouissons de l’adoption par le Parlement haïtien de la loi créant la Commission intérimaire de reconstruction, qui rendra possible la mise en œuvre du plan d’action élaboré par le Gouvernement haïtien.

Si le chantier de la reconstruction doit être lancé, nous ne devons pas pour autant oublier l’urgence, qui demeure de secourir des centaines de milliers de déplacés menacés par la saison des pluies et des cyclones.

Monsieur le Président,

Les élections législatives et présidentielles à venir constituent également un enjeu essentiel pour l’avenir d’Haïti. La France salue la détermination du Gouvernement haïtien à tenir ces élections dans les délais impartis pour que le transfert constitutionnel des pouvoirs puisse intervenir le 7 février 2011, comme prévu. Créer les conditions pratiques et politiques pour la tenue d’élections crédibles et dans le respect du calendrier électoral constitue une autre priorité pour la MINUSTAH dans les mois qui viennent. Cela passera notamment par un engagement actif du Représentant spécial sur la question de la réforme du Conseil électoral provisoire.

Nous encourageons aussi le Représentant Spécial à user de ses bons offices pour favoriser un consensus au sein de la classe politique et de la société civile haïtienne sur les modalités de la réforme constitutionnelle.

Monsieur le Président,

La France est fortement engagée au sein de la MINUSTAH, avec notamment le déploiement de 200 gendarmes et policiers, ce qui fait de notre pays un des tout premiers contributeurs de police à cette Mission. Nous envisageons en outre d’apporter, en coopération avec nos partenaires, un appui au déploiement de policiers africains francophones. La France apportera aussi un appui direct à la Police Nationale Haïtienne et aux pompiers, en particulier sous la forme de l’envoi de 110 véhicules. Nous avons aussi déployé, en coordination avec la MINUSTAH, des capacités de génie militaire pour contribuer au déblaiement de Port-au-Prince et à d’autres actions urgentes dans ce domaine.

La France poursuivra son action et son engagement aux côtés du peuple et du Gouvernement haïtiens, en étroite coordination avec les Nations unies. Elle le fera dans le cadre d’un effort global impliquant l’Etat, mais aussi les collectivités locales, notamment les Départements français des Caraïbes, les ONG et la diaspora haïtienne vivant en France.

Je vous remercie.



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