Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

28 mai 2014 - Conseil de sécurité - Lutte contre le terrorisme - Intervention de M. Philippe Bertoux, coordinateur politique de la représentation permanente de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Permettez-moi de remercier les ambassadeurs d’Australie, de Lituatnie et vous-mêmes pour leurs présentations et pour le leadership exercé à la tête des comités respectifs. Je m’associe aussi à la déclaration que prononcera tout à l‘heure le représentant de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Le terrorisme reste une menace plus présente que jamais, comme est venue nous le rappeler l’actualité tragique récente. La France joint sa voix à tous ceux qui ont condamné avec la plus grande fermeté la tuerie effroyable intervenue au musée juif de Bruxelles. Nous exprimons de nouveau notre pleine solidarité avec le peuple belge dans cette épreuve et nous adressons nos profondes condoléances aux familles des victimes.

Pour que la lutte contre le fléau du terrorisme soit efficace, ce Conseil, à travers le Comité de sanction contre Al-Qaïda, doit disposer d’un outil flexible permettant une mise sous sanctions rapide quand l’urgence l’exige. C’est dans ce cadre que quelques jours après le Sommet de Paris sur la sécurité au Nigéria tenu le 17 mai, le Comité a pris la décision le 22 mai de placer le groupe Boko Haram sous sanctions, décision que mon pays a coparrainé.

Il est indispensable de poursuivre nos efforts visant à une mise à jour de la liste de sanctions, afin qu’elle reflète correctement les menaces émergentes en matière de lutte contre Al-Qaïda. Aujourd’hui, la France est particulièrement préoccupée par un phénomène nouveau, celui des « combattants étrangers » : ces « combattants » sont des jeunes gens qui s’auto-radicalisent et partent combattre aux côtés de terroristes. Ils représentent une menace pour les pays où ils se rendent mais également pour leurs pays d’origine, où il est probable qu’ils reviendront s’installer. Il est urgent que le Comité des sanctions prennent des mesures contre ce phénomène, et notamment contre les filières qui contribuent à leur acheminement.

Enfin, il faut que les procédures de désignation et de radiation de la liste de sanctions respectent les libertés fondamentales des personnes inscrites sur la liste. En créant, puis en renforçant le mandat du Médiateur, les dernières résolutions ont permis d’améliorer les garanties de procédures. Alors que le Conseil s’apprête à réexaminer le mandat du Comité 1267, il est important qu’il poursuive l’amélioration de ces garanties.

Monsieur le Président,

Au-delà du Comité de sanctions contre Al-Qaïda, cette question des « combattants étrangers », qui constitue donc une nouvelle menace, doit être prise au sérieux par l’ensemble des organes des Nations Unies en charge du contre-terrorisme. Nous encourageons donc le Comité contre le terrorisme à continuer à s’intéresser à cette problématique, d’autant que son nouveau mandat, défini par la résolution 2129, inclut la nécessité de s’intéresser aux tendances récentes en matière de terrorisme.

Nous saluons également le fait que ce Comité s’intéresse particulièrement aux nouvelles menaces, à travers la tenue de discussions relatives à la résolution 2133 sur les enlèvements contre rançons.

Enfin, nous souhaiterions remercier la Direction exécutive pour son programme de travail incluant plusieurs « visites de suivi », qui permettent de s’assurer de la bonne mise en œuvre par les Etats membres des prescriptions de ce Conseil en matière de lutte contre le terrorisme, à savoir les résolutions 1373 mais également 1624. Il est essentiel de poursuivre ce dialogue avec les Etats membres, en effectuant un suivi régulier de ces visites.

Monsieur le Président,

Sur le Comité 1540, je voudrais rappeler que la prolifération des armes nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques, et de leurs vecteurs, ainsi que le risque qu’elles tombent entre les mains de terroristes, constituent un danger bien réel.

La résolution 1540 – et sa mise œuvre rigoureuse par les Etats membres - jouent un rôle important dans la prévention de ce risque. Je souhaite à cet égard vous remercier et vous féliciter, M. le président, pour l’organisation réussie de la réunion de haut niveau du Conseil de sécurité pour marquer le dixième anniversaire de la résolution 1540 au début du mois de mai. La déclaration présidentielle que ce Conseil a adoptée à cette occasion servira aussi de feuille de route pour les travaux du Comité 1540.

Depuis son adoption en 2004, les progrès observés dans la mise en œuvre de la résolution sont importants. Aujourd’hui, une majorité d’Etats dans le monde a adopté des mesures visant à transcrire les dispositions de cette résolution dans leur droit national – et les principales organisations internationales, régionales et sous régionales ont adopté des stratégies pour promouvoir et mettre en œuvre cette importante résolution. Nous devons à cet égard continuer d’encourager les pays ne l’ayant pas encore fait à élaborer un rapport au Comité sur la mise en œuvre de cette résolution dans leurs législations nationales.

Le Comité a également poursuivi pendant ces dix dernières années sa coopération avec plusieurs organisations internationales, régionales et sous régionales, ainsi qu’avec d’autres organes subsidiaires du Conseil dont les activités participent aux objectifs de la résolution 1540. Le Comité a tout à gagner d’une coopération élargie avec les instances internationales chargées de la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive, notamment pour développer les partenariats liés à l’assistance technique. Nous espérons que cette coopération pourra se développer sans entraves.

Au regard de tous ces progrès, le Comité devrait engager une réflexion stratégique sur la mise en œuvre de la résolution 1540 à plus long terme, et intégrer des éléments de cette réflexion dans la revue globale du Comité en 2016. La déclaration présidentielle adoptée au début du mois pose les jalons pour mener cet exercice important. En conclusion, Monsieur le Président, , pour relever le défi sans cesse plus présent du terrorisme, il faut continuer de promouvoir une coopération étroite des structures qui luttent contre ce phénomène. Alors que la revue de la Stratégie antiterrorisme des Nations Unies aura lieu en juin, il serait utile qu’un renforcement de la coordination fasse partie des questions traitées dans cette revue, de même que les problématiques émergentes telles que celle des « combattants étrangers » afin que la communauté internationale soit mieux outillée face à ces menaces.

Je vous remercie.


En savoir plus sur la lutte contre le terrorisme



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU