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29 juillet 2009 - Conseil de sécurité : Somalie - Intervention de M. Jean-Pierre Lacroix, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président, ma délégation voudrait tout d’abord remercier le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Ould Abdallah pour sa présentation, ainsi que le Ministre des Affaires étrangères du Gouvernement fédéral de transition, M. Mohammed Abdoul Ali Omar, et le Commissaire pour la Paix et la sécurité de l’Union africaine, l’Ambassadeur Lamamra pour leurs présentations.

Je voudrais brièvement tout d’abord revenir sur la situation qui a été décrite. Comme l’a indiqué le Ministre Omar, il est clair maintenant que les groupes radicaux ne peuvent pas renverser le gouvernement militairement, mais néanmoins ils continuent leurs attaques et créent une situation d’insécurité et de violence très nuisible. Ma délégation note avec préoccupation que, depuis l’attaque des groupes rebelles du 7 mai, les combats se poursuivent, en province et aussi à Mogadiscio, que sept civils ont encore été tués avant-hier dans la capitale et les Shabaabs ont notamment tiré au mortier sur une réunion du parlement. Par ailleurs, les " combattants étrangers " continuent à se battre dans les rangs des radicaux.

Chaque jour qui passe dans cette situation bien évidemment accroît la souffrance des populations. Désormais ce sont plus de trois millions de personnes qui dépendent de l’aide humanitaire alors que les attaques lancées par les Shabaabs sur les agences des Nations Unies, attaques que nous condamnons très fermement, paralysent partiellement l’action des Nations unies. Privées d’espoir, de plus en plus de personnes tentent de gagner le Yémen à travers le golfe d’Aden sur des embarcations de fortune : 30.000 depuis le début de l’année qui y sont parvenues, et malheureusement 300 qui sont mortes dans cette tentative.

Dans ce contexte, et comme cela a été dit par de nombreux orateurs avant moi, la communauté internationale a un rôle très important à jouer pour aider le Gouvernement fédéral de transition à faire évoluer la situation en sa faveur. Les promesses faites en avril, lors de la conférence de Bruxelles, doivent être tenues. Je rappelle que la Commission européenne va apporter 60 millions d’euros pour l’AMISOM et 13 millions pour le programme sur l’Etat de droit et la sécurité. Nous avons pris bonne note des indications données par le rapport du Secrétaire général sur le paquet de soutien logistique à l’AMISOM : il est essentiel d’apporter aux soldats notre plein soutien et de rester à l’écoute de leurs besoins. Plus spécifiquement, ma délégation distingue 4 pistes pour l’action de la communauté internationale :

- Tout d’abord, développer un soutien concret aux forces de sécurité somaliennes est essentiel. La France a commencé ce matin même à former à Djibouti des troupes somaliennes choisies par le Gouvernement fédéral de transition. Djibouti fait de même de son côté. L’Union européenne étudie la possibilité de former des forces de sécurité. Les Ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé, lors du dernier CAGRE, d’envoyer une mission exploratoire dans la région dès ce mois d’août.

- Deuxièmement, il est indispensable de poursuivre et de renforcer notre appui à l’AMISOM. A cet égard ma délégation voudrait saluer l’action de l’Ouganda et du Burundi. La France, de son côté, a contribué à la formation de quatre des contingents de l’AMISOM. Celle-ci, en effectuant récemment une sortie, a démontré qu’elle pouvait non seulement permettre au GFT de tenir ses positions mais aussi l’aider à faire refluer les combattants des groupes extrémistes. Nous saluons la perspective du déploiement prochain d’un sixième bataillon fourni par le Burundi.

- Troisièmement ma délégation encourage les Nations unies, comme elles le font avec courage, à poursuivre leurs activités d’assistance malgré les dangers. L’Union européenne a prolongé l’opération Atalante d’une année. Les actions de lutte contre la piraterie restent essentielles pour notamment protéger les convois du programme alimentaire mondial et nous ne devons pas sous estimer le risque que les attaques ne reprennent très durement dès que les conditions météorologiques seront à nouveau favorables aux pirates. Je voudrais rappeler que lors du dernier CAG, l’Union européenne a rappelé sa volonté de développer une approche d’ensemble envers la Somalie, dont la lutte contre la piraterie est une des composantes importantes.

- Je souhaiterais enfin souligner l’importance du dialogue politique. Le Gouvernement fédéral de transition a signé un accord de réconciliation avec le groupe Ahlu Sunna il y a un mois, et je me réjouis de la volonté d’ouverture manifesté par le ministre Omar dans son intervention. La France encourage le Gouvernement fédéral de transition à poursuivre dans ce sens.

Monsieur le Président, j’en viens maintenant brièvement à la question des sanctions. La France a commencé à s’engager activement dans les discussions qui se tiennent au sein du comité de sanctions Somalie. Nous sommes convaincus que dans le cadre de la résolution 1844 le Conseil de sécurité peut apporter une réponse claire, réaliste et efficace à la situation dans la Corne de l’Afrique. Toutefois, nous devons aussi prendre pleinement en compte le différend frontalier entre Djibouti et l’Erythrée.

Monsieur le Président, je souhaite en conclusion redire au Représentant spécial du Secrétaire général que nous appuyons pleinement ses efforts et que, dans cette situation délicate, son rôle de coordonnateur de l’action des Nations Unies et de la communauté internationale est plus que jamais nécessaire. Et bien entendu, nous soutenons l’action de l’Union africaine et nous saluons aussi l’implication de l’IGAD. Je vous remercie Monsieur le Président./.



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