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29 septembre 2011 - Conseil de sécurité
Afghanistan - Intervention de M. Gérard Araud, Représentant permanent de la France



Je remercie M. de Mistura pour son exposé sur la situation en Afghanistan et le ministre Rassoul pour son intervention. Je m’associe à la déclaration que fera le représentant de l’Union européenne.


Nous avons été évidemment choqués et attristés par l’attentat qui a coûté la vie à l’ancien président Rabbani, président du Haut Conseil pour la Paix.


Le dessein des terroristes est de nous faire dévier de nos objectifs. Ils doivent échouer. La communauté internationale doit se retrouver autour de ces messages de détermination et d’unité, comme l’a déjà fait le Conseil de Sécurité le 21 septembre et comme continuera de le faire la MANUA à Kaboul.


Notre objectif reste en effet d’accompagner le gouvernement afghan sur le chemin du retour à la pleine souveraineté dans le cadre d’un processus de Transition cohérent et déterminé. En ce qui concerne la France, Le Président de la République a annoncé notre intention de réduire et redéployer notre contingent en concertation avec nos alliés et les autorités afghanes. En revanche, parallèlement et dans la même logique, la composante civile de notre action gagnera progressivement en importance. 2014 ne verra donc pas la fin de l’engagement de la France, mais sa transformation dans le cadre d’un traité d’amitié et de coopération entre la France et l’Afghanistan qui sera signé cet automne.


Monsieur le Président,

Ces changements majeurs interviennent dans un contexte sécuritaire difficile, comme le rappelle le rapport du Secrétaire Général.

L’insurrection a démontré sa capacité à mener des attaques complexes au cœur même de Kaboul. Le nombre de victimes civiles a augmenté par rapport à l’année dernière, du fait des Taliban qui n’hésitent plus à tuer dans les hôpitaux et les mosquées. Cela étant, les forces de sécurité afghanes montent en puissance et ont démontré leur détermination à se battre. Nous devons continuer d’insister sur la protection des civils dans le cadre de la FIAS. Il est tout aussi important de pouvoir démontrer que nous nous battons au nom de valeurs qui excluent toutes les pratiques portant atteinte à la dignité humaine.


Monsieur le Président,

La stabilisation de l’Afghanistan passe par son intégration dans une dynamique régionale fondée sur de nouvelles règles. La conférence sur la " nouvelle route de la soie " a été l’occasion de réaffirmer l’importance pour l’Afghanistan de redevenir le centre d’échanges qu’il a été dans le passé. Nous pensons également qu’entre l’engagement militaire actuel et la vision d’une paix par l’économie, la place existe pour mener une réflexion sérieuse sur les paramètres régionaux de sécurité. Nous nous félicitons de la tenue prochaine des Conférences d’Istanbul le 2 novembre et de Bonn le 5 décembre qui permettront d’avancer sur l’ensemble de ces sujets.

Lors de la conférence de Kaboul l’an dernier, l’objectif " d’Afghanisation " a été associé à des conditions : meilleure gestion des finances publiques, réduction de la corruption, meilleure exécution du budget. La communauté internationale ne pourra poursuivre efficacement son engagement que si ces conditions sont réunies et si un accord est passé entre les autorités du pays et le Fond Monétaire International pour le règlement de la crise de la Kabul Bank.

Par ailleurs, l’Afghanistan ne peut se permettre de prolonger la crise institutionnelle qui sévit depuis les dernières élections législatives. Nous avons noté l’annonce par la Commission Electorale Indépendante de modifications dans la composition de la chambre basse. Nous appelons toutes les institutions afghanes à travailler dans le respect de leurs compétences mutuelles, du cadre que fixe la constitution et du principe de la séparation des pouvoirs. Cet épisode ne rend que plus nécessaire la mise en place d’une véritable réforme électorale, avec le soutien des Nations unies.


Monsieur le Président,

Nous sommes convaincus que les Nations Unies en général et la MANUA en particulier ont un rôle majeur à jouer en Afghanistan dans les années à venir. Leur présence et mandat vont évoluer dans le contexte de la transition. Nous attendons avec intérêt les résultats de la revue stratégique demandée au Secrétaire Général par la résolution 1974.

Je voudrais conclure en saluant l’action du Représentant Spécial du Secrétaire Général, M. Staffan de Mistura, qui a su conduire la MANUA avec une grande compétence et avec la vision nécessaire pour recentrer son action et pour l’aider à traverser des heures tragiques. Je rends enfin hommage aux agents de la MANUA qui, à la demande du Conseil de Sécurité et du gouvernement afghan, travaillent dans des conditions difficiles et dangereuses pour la stabilisation, la sécurité et le développement de l’Afghanistan.

Je vous remercie.


Pour en savoir, consultez notre fiche Afghanistan.



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