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31 mai 2012 - Conseil de sécurité - Compte rendu de la mission du Conseil de sécurité en Afrique de l’Ouest /Côte d’Ivoire - Intervention de M. Martin Briens, chargé d’Affaires a.i de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Du 20 au 22 mai, l’Ambassadeur Menan et l’Ambassadeur Araud ont mené la mission du Conseil de sécurité en Côte d’Ivoire. C’était une visite très attendue, la première depuis 2008, un an après la fin de la crise postélectorale qui a fait plus de 3000 morts.

Le Conseil de sécurité a pu rencontrer l’ensemble des acteurs de la scène politique ivoirienne, le Président Ouattara, son Premier ministre et certains de ses ministres, le Président de l’Assemblée Nationale et les groupes parlementaires, ainsi que l’opposition politique non parlementaire. A Abidjan, le Conseil a eu également l’opportunité de s’entretenir avec la société civile ivoirienne, la Commission Dialogue Vérité Réconciliation. Le Conseil a pu se rendre dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, vers la frontière avec le Liberia, une région qui porte encore les stigmates de la crise postélectorale. Dans la commune de Guiglo, le Conseil a eu ainsi des échanges directs avec les populations et autorités locales, le comité local de veille et de sensibilisation. Enfin, le Conseil a saisi l’opportunité de ce passage à Abidjan pour avoir une réunion avec la CEDEAO.

Ma délégation souhaiterait adresser ses plus vifs remerciements aux autorités ivoiriennes pour avoir accueilli le Conseil et le Représentant spécial du Secrétaire général en Côte d’Ivoire, M. Bert Koenders, ainsi qu’à l’ensemble du personnel de l’ONUCI, pour avoir su organiser une telle visite qui était dense et exigeante sur le plan logistique.

Cette mission du Conseil avait pour objectif premier d’évaluer le processus de stabilisation engagé en Côte d’Ivoire. Les membres du Conseil ont pu constater que le pays avait fait des progrès très significatifs en à peine douze mois, mais aussi que plusieurs défis demeuraient sur le plan de la sécurité aux frontières, de la réconciliation, de la lutte contre l’impunité et des causes profondes du conflit ivoirien, telle la question foncière.

Le Conseil s’est longuement entretenu avec le Président Ouattara et son gouvernement le 21 mai. Ils ont fait part de leurs efforts et de leur confiance dans l’amélioration progressive de la situation sécuritaire et ont souligné que la réforme du secteur de la sécurité butait encore sur plusieurs problèmes, comme le manque de moyens. Les membres du Conseil ont pris note du fait que le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion des dizaines de milliers de combattants restait l’un des défis les plus complexes et nouveaux par rapport à la période pré-électorale, défi auquel une solution durable reste encore à trouver avec le soutien des Nations Unies.

Au cours des rencontres du Conseil avec les associations et l’opposition, les clivages au sein de la société et de la classe politique sont apparus de manière nette et ont révélé l’ampleur de la tâche de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Dans ce contexte, la Commission Dialogue Vérité Réconciliation nous a exposé ses objectifs et ses méthodes de travail pour une justice transitionnelle. Le Gouvernement a fait part aussi au Conseil de sa détermination à apaiser les tensions, restaurer et renforcer le dialogue politique avec toutes les formations politiques, mais sans sacrifier à la lutte contre l’impunité, a insisté le Président Ouattara.

La visite de terrain dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire a constitué un moment-clef. Le Conseil a pu prendre la mesure des nouvelles menaces à la paix et sécurité, qui justifient une présence renforcée de l’ONUCI dans cette partie du pays et des moyens efficaces de protection des civils, à travers aussi la coopération intermissions avec la MINUL. Les interlocuteurs sur place du conseil ont fait part de leur vive préoccupation par rapport à la circulation d’armes, aux attaques de combattants depuis le Liberia, à l’insécurité provoquée par les chasseurs traditionnels « dozos », au dénuement des forces de sécurité ivoiriennes, au défi humanitaire des « retournés » et à la confusion qui règne sur la propriété foncière.

Enfin, dans le cadre de sa visite à Abidjan, le Conseil a eu l’opportunité de tenir une réunion avec la CEDEAO le 21 mai, en présence de la Commission de l’organisation, de plusieurs ministres de la région et sous la présidence du ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire. La discussion a été riche, interactive et s’est concentrée sur la situation au Mali et en Guinée-Bissao. Sur la crise malienne, le médiateur Djibril Bassolé a informés les membres du Conseim des derniers développements relatifs à l’attaque contre le Président par intérim et des initiatives de la médiation. Nous avons exploré les pistes possibles de coopération et sommes convenus de maintenir un dialogue étroit sur ce dossier.

En conclusion, M. le Président, j’espère parler au nom de tous en disant que cette mission en Côte d’Ivoire aura permis au Conseil de mieux appréhender les fractures et les ressources exceptionnelles de ce pays, et par conséquent les grandes priorités pour l’action future des Nations Unies dont les Ivoiriens ont encore besoin pour se relever de leurs longues années de crise.

Je vous remercie.



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