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5 mars 2012 - Conseil de sécurité - Somalie - Intervention de M. Martin Briens, chargé d’Affaires a.i de la France auprès des Nations Unies

Monsieur le Président,

Je souhaite en premier lieu féliciter le Royaume-Uni pour son accession à la présidence de ce Conseil et à l’assurer de notre plein soutien, et remercier le Togo pour sa présidence au tout long du mois de février.

Je remercie le Secrétaire général et le Représentant spécial Augustine Mahiga pour leurs présentations et pour leur engagement personnel en faveur de la stabilisation de la Somalie.

Je m’associe à la déclaration que prononcera l’Union européenne.

Les développements politiques et sécuritaires en Somalie ces derniers mois sont tels qu’aujourd’hui, l’espoir renait. La communauté internationale et les parties somaliennes doivent toutefois faire en sorte que ces avancées soient pérennes.

Monsieur le Président,

Sur le plan sécuritaire, la voie est désormais ouverte à une reprise de contrôle de l’ensemble du pays par le gouvernement somalien. L’adoption de la résolution 2036 donne à l’Union africaine des moyens inédits pour renforcer l’AMISOM afin de lui permettre de mieux sécuriser la capitale, mais aussi de combattre activement le Shebab dans les territoires du Sud de la Somalie que le groupe terroriste contrôle encore.

Pour soutenir cet effort, il importe désormais que les contributeurs en troupes mobilisent au plus vite les contingents autorisés afin qu’ils soient opérationnels pour consolider les avancées récentes comme la prise de Baïdoa par les forces du GFT et les forces éthiopiennes.

L’Union Africaine devra par ailleurs mettre en place sans délai les structures de commandement adéquates pour permettre une coordination efficace entre contributeurs en troupes. Nous observerons à cet égard avec attention la mise en œuvre du concept stratégique et du CONOPS révisé de l’AMISOM.

Le renforcement des forces du GFT doit également être une priorité pour l’AMISOM. Cela passe en particulier par l’établissement rapide d’une chaîne de commandement pour renforcer la capacité d’action de ces forces nationales qui devront à terme assurer la stabilité de la Somalie.

Monsieur le Président,

L’AMISOM repose actuellement sur l’appui financier déterminant de l’Union européenne, qui paie l’intégralité des soldes des soldats de la Force. Les membres de l’Union européenne examinent actuellement dans quelle mesure cet appui financier pourrait être accru, alors que l’Union européenne est déjà engagée à divers titres dans la région et que les fonds initialement prévus pour le financement de l’AMISOM ne suffiront pas à couvrir les frais engendrés par le relèvement du plafond des troupes décidé par la résolution 2036. Il est donc indispensable, comme le précise la résolution, que de nouveaux contributeurs s’engagent pour partager l’effort financier consenti par l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Sur le plan politique, des étapes attendues ont été franchies. Les deux conférences successives qui se sont tenues à Garowe ont permis de préciser l’architecture institutionnelle du futur Etat somalien. L’ensemble des parties prenantes somaliennes ont ainsi progressé de façon significative sur des points clefs de la Feuille de route. Ces efforts devront être poursuivis pour respecter les échéances prévues, à commencer par l’adoption, en mai prochain, du projet de Constitution. Nous attendons du Président Sheik Sharif, du GFT et de toutes les parties-prenantes somaliennes qu’ils se tiennent à ce calendrier. Le Conseil l’a répété de nombreuses fois, il ne saurait y avoir de nouveau prolongement de la période de transition.

Un autre défi devra par ailleurs être pris en compte de façon prioritaire : il s’agit de la mise en place d’une administration locale et régionale dans les régions libérées du Shebab. Cette administration sera en effet déterminante pour empêcher un morcellement du pays et l’émergence de nouveaux chefs de guerre, ainsi que pour offrir des services de base à la population civile. Elle devra appuyer le gouvernement et soutenir les principes de Garowe et de la Feuille de route.

Nous saluons dans ce contexte la mise en place, à l’occasion de la Conférence de Londres du 23 février dernier, d’un « Fonds de stabilité pour les zones libérées ». Il permettra d’accompagner la stabilisation politique des régions libérées en contribuant à leur renaissance économique.

Monsieur le Président,

L’appui des Nations Unies est central pour accompagner les institutions somaliennes dans la mise en œuvre de la Feuille de route. La relocalisation d’UNPOS à Mogadiscio était à cet égard indispensable. L’essentiel des personnels des Nations Unies reste cependant encore implanté à Nairobi. Nous encourageons la généralisation de la relocalisation à Mogadiscio dès que les conditions de sécurité le permettront.

Monsieur le Président,

Je conclurai en abordant la question de la piraterie au large de la Somalie. Il s’agit d’un enjeu global qui fait l’objet d’une intervention sans pareil de l’Union européenne avec l’opération Atalante. De nombreux pirates sont arrêtés par les navires d’Atalante chaque année. Il est donc indispensable que les Etats de la région, et en particulier la Somalie, prennent leurs responsabilités et mettent en place les dispositifs nécessaires pour permettre le traitement juridictionnel et pénitentiaire de ces pirates. Il n’est acceptable pour personne que les pirates arrêtés au moyen d’efforts importants soient relâchés sans avoir été jugés. Comme le souligne le communiqué final de la Conférence de Londres, des cours spécialisées somaliennes répondraient à ces besoins. J’insiste aussi sur la nécessaire adoption d’une législation somalienne anti-piraterie, conformément aux termes de la feuille de route. Je vous remercie.



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