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6 août 2010 - Conseil de sécurité - Opérations de maintien de la paix - Intervention de M. Nicolas de Rivière, chargé d’affaires a.i. de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je vous remercie de l’initiative que vous avez prise d’organiser cette rencontre. Je tiens aussi à remercier le Secrétaire général adjoint pour les opérations de maintien de la paix ainsi que les commandants des opérations de maintien de la paix de nous donner ainsi une vision directe de leur action sur le terrain.

Comme vous le savez, la France souhaite ardemment participer à l’amélioration du fonctionnement des Opérations de maintien de la paix. Celles-ci sont depuis leur création un instrument précieux pour que les Nations unies puissent répondre à l’objectif majeur que nous assigne la Charte : le maintien de la paix et de la sécurité internationale. L’amélioration de leur efficacité est par conséquent d’une importance stratégique. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé une initiative avec la mission britannique lors de notre présidence du Conseil de Sécurité de janvier 2009. Notre objectif était d’améliorer le suivi politico-militaire des Opérations de maintien de la paix par le Conseil de Sécurité, d’assurer une gestion plus efficace des aspects administratifs, logistiques et financiers des opérations mais aussi d’affiner la doctrine sur les questions complexes du maintien de la paix comme la protection des civils ou la consolidation de la paix.

Sur l’ensemble de ces points nous avons fait des progrès, grâce aux réflexions menées par tous, bien au-delà du Conseil de sécurité, grâce au rapport New Horizon élaboré par le secrétariat, aux déclarations présidentielles du Conseil de Sécurité adoptée d’août 2009 et de février 2010 mais aussi grâce aux travaux du comité spécial sur les OMP. Par ailleurs, nous nous félicitons du feu vert qui a été donné à la stratégie mondiale d’appui et la France sera vigilante à ce qu’elle produise les améliorations nécessaires pour l’appui aux missions.

Nous allons poursuivre notre travail pour assurer notamment un renforcement de la chaîne de commandement des opérations de maintien de la paix, pour améliorer la coopération avec les contributeurs en troupes et en personnel de police, mais aussi pour assurer un suivi financier plus rigoureux des opérations de maintien de la paix. Le budget des opérations de maintien de la paix a cru de manière exponentielle au cours des dernières années, il est essentiel de réfléchir aux moyens de gérer ce budget de manière responsable. Les résultats obtenus lors de la dernière session de la 5éme commission relative au financement des opérations de maintien de la paix montrent que cette préoccupation est désormais mieux prise en compte. Nous ne doutons pas que le Secrétariat amplifiera ses efforts en ce sens.

La vision acquise sur le terrain par les chefs de mission est essentielle. J’aimerais donc connaître leur appréciation sur la manière dont leur façon de travailler et leur relation avec le siège des Nations unies ont évolué depuis deux ans. Que suggèrent-ils pour améliorer le fonctionnement des opérations de maintien de la paix ? Je serais en particulier intéressé de connaître leurs avis sur les questions suivantes :


— S’agissant de la protection des civils : Depuis la parution de l’étude conjointe demandée par le Bureau des Affaires humanitaires et le Département des Opérations de maintien de la paix en juin 2010, une réflexion a été engagée et des documents opérationnels ont été élaborés pour mettre les opérations de maintien de la paix en mesure de traduire dans les faits le mandat que nous leur avons confié de protéger les civils. La MONUSCO, la MINUAD et la MINUS ont élaboré des stratégies de protection, la MINUSTAH réalise ce travail actuellement. Quelles en sont les principales conclusions ? Quelles sont les principales difficultés que rencontrent les opérations de maintien de la paix pour mener à bien leur mandat de protection des civils ?

— S’agissant de la MINUSTAH : Le séisme de janvier l’a conduit à assumer des tâches ne relevant pas normalement, ou seulement à la marge, d’une opérations de maintien de la paix , avec en particulier le renforcement des capacités de génie, pour assurer le déblaiement, la remise en place des infrastructures de base, etc... Quelles leçons le force commander tire-t-il de l’engagement de ces capacités de génie ?

— La MONUSCO est engagée, aux côtés des forces armées congolaises, dans plusieurs opérations militaires à l’est du pays. Le Conseil de sécurité lui a demandé de mettre en place un système de conditionnalités assez précis et contraignant pour son soutien. Dans quelle mesure estimez-vous que ce soutien désormais plus limité et restreint à quelques bataillons contribue à une meilleure protection des civils d’une part, et favorise ou entrave votre mandat de DDR d’autre part ?

— S’agissant de la MINUL, comment vous préparez-vous à la réduction inéluctable des forces et quelles sont les leçons apprises de la transition entre maintien de la paix et consolidation de la paix ? Où s’arrête la mission des forces de maintien de la paix ?

Avant de conclure, je souhaite saluer à mon tour le Général Obiakor pour son action à la tête du Bureau des Affaires militaires et lui souhaiter bonne chance pour la suite de sa carrière.

Je vous remercie ./.



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