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8 août 2014 - Conseil de sécurité - Ukraine - Intervention de Mme Béatrice Le Fraper du Hellen, Premier Conseiller de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie M. Simonovic pour sa présentation du quatrième rapport de la mission d’observation des droits de l’Homme conduite en Ukraine, qui reste une source essentielle d’informations. Je saisis cette occasion pour réaffirmer notre plein soutien au travail du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme et à l’ensemble du personnel de la mission, qui effectue son travail dans des conditions difficiles.

La situation sécuritaire, humanitaire et des droits de l’Homme, à Donetsk et Lougansk, continue de se dégrader du fait des groupes armés séparatistes qui y sévissent. Dans l’Est du pays, arrestations arbitraires, disparitions forcées, exécutions sommaires, discours de haine, en un mot, la terreur, affectent désormais tous les civils. Ceux qui reviennent, après avoir été enlevés, font état de torture par les groupes armés. Les séparatistes ciblent de manière délibérée les infrastructures publiques pour restreindre l’accès des civils à l’eau, à l’électricité et aux soins médicaux, et accroître ainsi leurs besoins humanitaires. Les combats, ainsi que les actes d’intimidation provoquent des pertes civiles et des déplacements de population. Le rapport qui nous a été présenté illustre cette situation.

En Crimée, les discriminations sont désormais courantes et les Tatars sont victimes de harcèlement et d’intimidation, alors que la Commission d’enquête malgré nos demandes répétées n’a toujours pas accès à la Crimée.

Les déplacements de population et la déstabilisation à l’Est, où se trouvent les principaux centres industriels, ont des conséquences économiques pour l’ensemble du pays.

Monsieur le Président, ces violences sont alimentées et entretenues de l’extérieur. Comme M. Simonovic vient de le rappeler, les groupes armés sont de plus en plus professionnels et armés. Leur commandement est composé, pour partie, de personnes originaires de la Fédération de Russie, qui auraient combattu en Tchétchénie et en Transnistrie. Nous dénonçons la présence de ces éléments étrangers et appelons à la cessation immédiate de tout soutien extérieur.

Nous nous joignons à l’appel du gouvernement ukrainien pour que les flux d’armes et de combattants en provenance de Russie cessent.

Nous réitérons notre appel à ce que les combats dans l’Est de l’Ukraine cessent, et à ce que les groupes armés déposent les armes et évacuent tous les bâtiments publics occupés illégalement. Les séparatistes doivent s’engager un processus de dialogue politique leur permettant d’exprimer de manière légale et pacifique leurs revendications. Le groupe de contact tripartite sous l’égide de l’OSCE joue un rôle essentiel à cet égard, pour qu’autorités ukrainiennes et groupes armés parviennent de manière constructive à un cessez-le-feu.

Monsieur le Président,

Face à cette situation, le gouvernement ukrainien a la responsabilité de prendre les mesures adéquates et proportionnées, dans le respect des normes internationales, pour combattre ces groupes armés, protéger les populations et assurer le contrôle de ses frontières.

Il a déjà pris des mesures pour organiser l’accueil des populations chassées de leurs foyers. Partout où Kiev a rétabli son autorité, les services de base à la population sont remis en fonction et le HCR a constaté le retour des déplacés. Nous encourageons sa pleine coopération avec les Nations Unies et les autres acteurs humanitaires pour répondre à des besoins humanitaires qui risquent de croître. Nous saluons également la solidarité des Ukrainiens pour apporter une aide aux déplacés.

Monsieur le Président,

Tout doit être fait pour favoriser le retour au calme, condition sine qua non du lancement d’un dialogue politique. Cela implique, avant tout, je le répète, de contrôler la frontière russo-ukrainienne afin que les infiltrations de matériels et d’hommes cessent.

La communauté internationale se tient prête à soutenir l’Ukraine dans ses efforts actuels pour retrouver son unité, sa souveraineté et son intégrité territoriale. Nous nous félicitons de l’organisation par l’Union européenne au début du mois de juillet d’une réunion du groupe de contact visant à coordonner l’aide économique en faveur de l’Ukraine. De nouvelles mesures à l’encontre de la Russie ont été adoptées par l’Union européenne, les Etats-Unis, le Canada, le Japon et la Suisse, marquant la détermination de la communauté internationale à inciter la Russie à favoriser un règlement pacifique du conflit.

En conclusion, je voudrais rappeler combien nous regrettons que les enquêteurs sur le vol MH17 n’aient toujours pas pu mener à bien leur mission malgré les efforts de l’Australie, des Pays-Bas et de la Malaisie, en coopération avec les autorités ukrainiennes. Comme l’a dit Mme Pillay, il pourrait s’agir d’un crime de guerre ; toute la lumière devra être faite pour que les responsables répondent de leurs actes. De manière générale, tous les éléments recueillis par la Commission d’enquête devront pouvoir être utilisés par la justice.

Je vous remercie.



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