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8 février 2011 - Conseil de sécurité - Coopération entre l’ONU et l’UE - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie Mme Ashton de cette deuxième visite au Conseil de sécurité. Elle témoigne de l’importance de l’engagement de l’Union européenne au sein des Nations unies.

Madame la Présidente,

Est-il besoin de rappeler que l’Union européenne est depuis de longues années un acteur politique de premier plan, réalité que la mise en œuvre du traité de Lisbonne n’a fait que renforcer. L’Union européenne, principal contributeur du budget de l’ONU à hauteur de 40%, concourt de manière décisive à la poursuite des objectifs qui président à la Charte des Nations unies à savoir la paix et la sécurité internationale.

Après avoir permis la pacification du Vieux Continent, source de tant de conflits, l’Union européenne joue tout son rôle dans la gestion de crises dans le monde.

D’une part, avec le lancement de plusieurs opérations civiles et militaires sous mandat du Conseil de sécurité. Je citerai, sans être exhaustif, le soutien de l’UE et des Etats-membres dans des opérations aussi différentes que celles menées en Afghanistan, en République démocratique du Congo, en Somalie - sur terre comme sur mer - ou encore au Kosovo.

D’autre part, en cas de crise humanitaire grave ou de catastrophe naturelle, l’Union européenne assure un rôle déterminant à la fois pour les secours d’urgence et pour la reconstruction. A Haïti par exemple, nous avons mis à disposition notre expertise et engagé plus de 1,5 milliards d’euros, faisant de l’Union européenne, là encore, le premier donateur.

L’Union européenne est également impliquée dans la résolution des grandes crises internationales.

De ce point de vue, je vous remercie, Madame la Haute représentante, des éclairages utiles que vous nous avez fournis aujourd’hui, sur la réunion du Quartet sur le Proche-Orient que vous avez présidé. Cette réunion vous l’avez dit n’est qu’une première étape, elle doit annoncer un changement de logiciel de la politique de la communauté internationale pour passer à la négociation de ce règlement final dont nous connaissons tous les paramètres et dont nous savons que les deux parties sont incapables d’atteindre par elles-mêmes. Les approches phasées ont prouvé qu’elles ne menaient nulle part. Il faut donc passer au règlement final et nous espérons que le Quartet jouera un rôle central en ce sens.

J’aimerai par ailleurs revenir sur le dossier du nucléaire iranien où vous vous exprimez au nom du groupe E3+3 dans les négociations visant à obtenir de l’Iran le respect de ses obligations internationales, et notamment au regard du Conseil de sécurité. Comme vous l’avez rappelé, à l’occasion du sommet d’Istanbul les Six ont réaffirmé leur unité et leur fermeté alors que les Iraniens posaient de nouvelles conditions pour poursuivre leur tactique dilatoire qui est la leur depuis au moins six ans.

Concernant un autre dossier prioritaire de la communauté internationale, à savoir la lutte contre le terrorisme, vous avez été chargée Madame, par le Conseil des Affaires Etrangères du 31 janvier dernier de présenter une stratégie UE/Sahel, dont nous souhaitons l’adoption dans les meilleurs délais. Son objectif est de lutter contre les liens entre l’AQMI et les routes de la drogue dans l’ouest de l’Afrique. C’est évidemment un sujet d’intérêt majeur pour cette organisation et pour le Conseil de sécurité.

Enfin et dernier point, l’Union européenne est un partenaire essentiel de la prévention des conflits et de la consolidation de la paix.

Dans quelques jours, vous l’avez dit,la présidence brésilienne organisera un débat au sein du Conseil sur l’interdépendance entre la sécurité internationale et le développement. Il convient de rappeler à ce propos que l’Union européenne est le premier donateur d’aide publique au développement avec près de 60% de l’aide versée par les pays membres de l’OCDE soit environ 50 milliards d’euros par an. L’intervention de l’UE dans ce débat aura donc une pertinence particulière.

Je tiens à souligner, au-delà de l’aide financière, les efforts de l’Union européenne en matière de bonne gouvernance, de respect des droits de l’Homme et d’égalité hommes-femmes. Ainsi, comme l’a affirmé le Conseil européen du 4 février, l’Union européenne est déterminée à apporter un appui sans réserve en matière de transition politique et d’accompagnement des réformes au sud de la Méditerranée. Dans cette perspective, les chefs d’Etat européens ont confié une mission à la Haute représentante.

Madame la Présidente,

Bien entendu, beaucoup reste à faire. Mais comme l’avait déclaré Robert Schuman lors de son discours du 9 mai 1950 " l’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. " Ceci est également vrai en matière de politique étrangère.

Le moment est venu de dire et de prouver que l’Union européenne n’est pas une super ONG, elle n’est pas un pourvoyeur d’aide, elle porte des valeurs, elle exprime une puissance. Vous pouvez ainsi compter, Madame la Présidente, sur la détermination de la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité et en tant que membre fondateur de l’Union européenne, pour que cette dernière assume sa part de responsabilité dans l’édification d’un monde de paix, de stabilité et de prospérité conformément aux objectifs de la Charte des Nations unies.

Je vous remercie.



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