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9 février 2011 - Conseil de sécurité - Soudan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie naturellement M. Haile Menkerios, Représentant spécial, pour sa présentation et son travail remarquable à la tête de la Mission des Nations unies au Soudan. Je remercie également le Président Mbeki et le Président Mkapa pour leur travail déterminant aux cotés de la MINUS ces derniers mois et naturellement M. Deng Alor et l’ambassadeur du Soudan, M. Osman pour leurs déclarations. Je salue l’engagement dont les deux parties ont fait preuve au cours du processus référendaire. Enfin, au nom des autorités françaises, je félicite le peuple sud soudanais de la maturité qu’il a manifestée dans cette occasion historique.

Madame le Président,

La reconnaissance immédiate par les parties des résultats officiels annoncés lundi par la Commission référendaire a montré le chemin considérable parcouru depuis la signature du CPA en 2005. Les autorités de Khartoum et de Djouba ont choisi la coopération pacifique pour permettre le bon déroulement du référendum et l’acceptation de ces résultats. Nous saluons cette volonté commune de surmonter le passé.

Il reste toutefois encore beaucoup à faire d’ici la fin de la période intérimaire en juillet prochain, comme les intervenants précédents l’ont dit.

— Il faut d’abord qu’une solution soit trouvée à Abyei. Un accord temporaire a permis de faire cesser les violences entre les parties. Une solution durable doit être trouvée afin de fixer une fois pour toutes le statut de la province et les modalités de cohabitation entre les populations qui s’y trouvent. Comme elles s’y sont engagées le 27 janvier, au niveau présidentiel, nous demandons aux deux parties de trouver une solution avant mars.

— Par ailleurs, les questions post-référendaires encore en suspens doivent également être résolues. L’avenir de la relation entre le Nord et le Sud dépend d’une lecture commune des tracés de la frontière, des questions de sécurité, de citoyenneté et de partage des richesses. Comme l’ont montré les combats de la semaine dernière dans le Haut Nil, une solution devra être trouvée pour les forces sudistes de l’armée soudanaise qui s’y trouvent, tout comme pour celles nordistes de l’APLS stationnées dans le Nil bleu et le Kordofan.

Nous encourageons la poursuite de la médiation du panel Mbeki sur ces sujets et invitons les parties à ne ménager aucun effort et à faire les concessions nécessaires pour permettre la mise en place d’une paix durable.

Les Nations unies vont, pour leur part, commencer un travail important d’adaptation de leur présence et de leur action avec la partition du Soudan en deux pays distincts. Une nouvelle mission devra être établie au Sud-Soudan afin d’y assurer la consolidation de la paix. Son mandat devra prendre en compte le rôle déterminant que sera appelée à jouer l’équipe des Nations unies établie à Djouba, en liaison avec les donateurs bilatéraux.

Au Nord-Soudan, le maintien d’une cellule de l’actuelle MINUS serait précieux afin d’assurer le suivi de la mise en œuvre des questions post-référendaires, mais aussi pour accompagner les dernières étapes du CPA, c’est à dire l’aboutissement des consultations populaires dans les Etats du Nil-Bleu, où elles ont débuté, mais aussi au Sud-Kordofan, où elles restent encore à organiser. Elle permettrait d’accompagner les deux nouveaux voisins dans les premiers temps de l’établissement de leurs relations bilatérales.

Nous nous tenons à la disposition de Secrétariat pour contribuer à la réflexion en cours sur la reconfiguration de la présence des Nations unies au Nord et au Sud.

Madame le Président,

Si nous nous réjouissons du bon déroulement du référendum, nous ne pouvons pas ignorer la dégradation actuelle de la situation au Darfour.

Le nombre des personnes déplacées s’est accru. L’accès de l’aide humanitaire n’est pas toujours possible. La question se pose donc de savoir si certains n’ont pas choisi l’option militaire. Nous savons que celle-ci est impossible. Les forces armées soudanaises et les groupes rebelles doivent parvenir sans délai à un cessez le feu, puis à un accord de paix durable. Les développements observés ces dernières semaines dans le cadre des négociations de Doha sont encourageants. Il faut désormais que l’Armée de Libération du Soudan, dirigée par Abdulwahid Nour, rejoigne sans tarder et sans préconditions les pourparlers, comme l’ont fait le LJM et le JEM.

Nous soutenons par ailleurs les efforts entrepris par l’Union africaine en faveur de la paix au Darfour. Comme le souligne la récente Déclaration solennelle des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA sur le Soudan, un " processus politique au Darfour " (DPP), pourra venir compléter les efforts de Doha, une fois que ceux-ci auront créé l’environnement qui permette la tenue de ces discussions.

Madame le Président,

Nous continuons par ailleurs d’apporter notre soutien à la Mission hybride ONU/UA au Darfour et condamnons avec fermeté les entraves dont elle fait l’objet. Cette Mission doit redoubler d’efforts pour protéger les civils, comme l’exige son mandat. Des progrès doivent encore être réalisés.

Madame le Président,

Je souhaiterais conclure en rappelant qu’il ne peut y avoir de paix sans justice au Darfour.

Je vous remercie./.



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