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23 janvier 2009 - Intervention de Monsieur Jean-Maurice Ripert au Conseil de sécurité - Opérations de maintien de la paix

Je voudrais à titre national remercier tout d’abord Monsieur Le Roy, Madame Malcorra et Monsieur Annabi pour leur participation à ce débat qui montre la claire volonté de leur part de travailler avec le Conseil de Sécurité pour améliorer encore les procédures du maintien de la paix.

Je voudrais aussi, comme l’a fait le représentant de la Turquie, dire combien ceux qui ont disparu au service de la paix sont chers à notre cœur. Je voudrais me réjouir qu’il ait été possible, quelques mois à peine après le cri du cœur lancé par David Miliband auprès du Secrétaire Général, de lancer ici au Conseil un processus de réflexion original et qui nous paraît déjà prometteur.

Je voudrais aussi rappeler l’attachement profond de la France au renforcement des capacités de maintien de la paix des Nations-Unies. Avec bientôt environ 2800 hommes déployés sous casque bleu dans des opérations de maintien de la paix, avec des moyens techniques considérables, en particulier au Liban et au Tchad, la France est sans aucun doute un contributeur important, surtout si l’on y ajoute les troupes et ses contributions intervenant dans des opérations sous mandat des Nations Unies. La contribution financière de la France aux opérations des Nations Unies dépasse largement annuellement 1 milliard d’euros. Au delà de ces chiffres, nous sommes particulièrement attachés au maintien de la paix car c’est bien sûr l’une des grandes responsabilités des Nations Unies et aussi parce que de ces opérations dépendent la vie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, aussi bien que la survie ou la reconstruction de régions entières de notre planète. La France a toujours milité pour l’amélioration de l’outil remarquable que constituent les opérations de maintien de la paix, et nous relevons pour nous en réjouir les améliorations déjà apportées, notamment grâce à la parfaite coopération du Secrétariat des Nations Unies avec les Etats membres du Conseil mais aussi de l’Assemblée Générale, en particulier de la 5e commission : en créant le département de soutien aux missions par exemple, dont Madame Malcora nous a précisé les avancées et les espoirs. Au plan militaire en promouvant notamment la mise en place de la cellule militaire stratégique et le renforcement des effectifs du bureau des affaires militaires, mais également dans les pratiques du Conseil, en tentant d’améliorer par exemple, avec la MONUC, il y a quelques semaines, ou avec la MINURCAT, nos pratiques en matière d’élaboration des mandats, de suivi des opérations, d’établissement de benchmarks, de critères.

L’Union européenne, également, a toujours été parmi les plus forts soutiens des Nations Unies lorsque ces dernières ont eu besoin d’être épaulées. Je pense en particulier à la République Démocratique du Congo, au Tchad ou au Kosovo. Mon collègue de la République Tchèque prononcera tout à l’heure une intervention au nom de l’Union européenne à laquelle je m’associe totalement. Il y a encore bien entendu beaucoup de chemin à faire, c’est la raison de cette initiative commune que nous avons lancée avec le Royaume-Uni aujourd’hui. John Sawers en a bien expliqué les contours, nos attentes ainsi que les positions britannique et française.

Je voudrais simplement à ce stade faire quelques observations. Il y a me semble-t-il ici une claire prise de conscience de l’ampleur des questions que nous devons traiter, et de notre volonté collective de les traiter. Je constate que les questions qui ont été posées dans le non-papier franco-britannique ont été soulevées à de nombreuses reprises et semblent être une préoccupation commune de l’ensemble des membres du Conseil, notamment une plus grande implication du Conseil dans la planification, le suivi et l’évaluation des opérations de maintien de la paix aux plans stratégique et technique - le renforcement du dialogue et des échanges d’information avec le Secrétariat, le renforcement de l’expertise militaire du Conseil, l’amélioration de l’élaboration et de la rédaction des mandats, une meilleure gestion des ressources disponibles, en réfléchissant aux alternatives au déploiement de troupes, à la substitution à chaque fois possible de moyens civils à des moyens militaires, à la capacité de réduire puis de fermer des opérations, à une meilleure utilisation des instruments autres que des opérations de maintien de la paix pour la gestion des phases de sortie de crise, par exemple au sein de la Commission de Consolidation de la Paix.

Il faut maintenant envisager de définir des missions mieux intégrées en matière de maintien de la paix, dans une cohérence d’ensemble. Après avoir travaillé à la réforme d’ensemble du système et avoir défini le concept de "One UN", nous devons me semble-t-il travailler au concept de "One mission". Je relève aussi la volonté très nette que le Conseil fasse évoluer ses propres pratiques, en relation avec le Secrétariat, dans la préparation, le suivi et l’évaluation des opérations sur le terrain. Enfin, la discussion montre également me semble-t-il l’importance essentielle des différents acteurs du maintien et de la consolidation de la paix : les contributeurs de troupes, les contributeurs financiers, et des différentes enceintes de dialogue qui existent : la 5e commission, le C34, la PBC.

Le rôle particulièrement important des organisations régionales fait également consensus, il reste à mieux en définir les modalités d’intervention en coopération avec le Conseil de Sécurité.

L’essentiel pour y parvenir est d’élaborer un processus transparent et inclusif, mené en coopération avec tous les partenaires clé./.



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