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12 juin 2009 - Conseil de sécurité - Corée du Nord - Adoption de la résolution 1874 - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,


La France se félicite de l’adoption unanime de la résolution 1874. C’est un message très fort que la communauté internationale adresse par la voix du Conseil à la Corée du Nord.


La Corée du Nord a choisi depuis des années une voie dangereuse. Elle a construit un programme nucléaire clandestin, dont la vocation exclusivement militaire est claire.

Elle a également développé un programme de missile balistique qui démultiplie la menace de ses activités nucléaires.

Elle a diffusé ces technologies extrêmement sensibles à travers le monde, menaçant ainsi encore davantage notre sécurité à tous.

Elle a ce faisant violé à maintes reprises le TNP, dont elle a déclaré se retirer.

Elle s’est servie de ses programmes dangereux pour exiger des bénéfices, en contrepartie d’engagements de démantèlement qu’elle n’a pas tenus.

Au cours des deux mois qui viennent de s’écouler, la Corée du Nord a sensiblement accru les tensions en Asie du Nord Est, en procédant à un tir de missile balistique, puis à un essai nucléaire et à des tirs de missiles de courte et moyenne portée.


Monsieur le Président,


La réaction du Conseil aujourd’hui est à la hauteur de ces graves provocations, et du risque qu’elles n’incitent d’autres à en faire autant.

Le Conseil condamne en effet dans les termes les plus forts ces activités et exige leur cessation immédiate.

Le Conseil impose des sanctions sérieuses qui limiteront la capacité de la Corée du Nord à faire progresser ses programmes interdits :

- notamment en asséchant les ressources financières qui lui viennent d’une autre activité déstabilisante, la dissémination d’armes à travers le monde ;

- en bloquant les circuits financiers qui alimentent ces programmes ;

- en élargissant l’embargo sur les produits qui y concourent, et en se préparant à adopter des sanctions contre les personnes et les entités impliquées ;

- enfin en exigeant que les Etats inspectent, saisissent, détruisent les transports de cargaisons interdites ;


Cette réaction, il faut le souligner, reste toutefois ciblée, ce qui a garanti le soutien unanime du Conseil.

La résolution exclut du régime de sanctions les programmes d’assistance humanitaire et de développement économique à la population, dont le sort continue à préoccuper la communauté internationale.


Mais l’essentiel reste à venir.

Dans un premier temps, il nous faudra nous accorder, dans le mois qui vient, au Comité 1718, sur un nombre significatif de personnes et d’entités nord-coréennes supplémentaires qui, en raison de leur implication dans des activités sensibles, devront être soumises à des sanctions individuelles.

Ensuite, il nous faudra veiller à ce que les dispositions de la résolution 1874 soient strictement mises en œuvre, et par tous. La France se réjouit à cet égard que le Conseil ait doté le comité 1718, qui est chargé de surveiller la mise en œuvre de la résolution, d’un panel d’experts. Il devrait être une aide précieuse pour la présidence turque du comité. Il devrait en particulier permettre de renforcer considérablement les activités de suivi et d’assistance aux Etats qui en auraient besoin.


Nous devrons aussi tirer tous les enseignements de cette crise pour l’avenir.

Je pense en particulier au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. L’utilité du système de détection de l’OTICE est apparue avec évidence. Nous devons tous œuvrer à l’entrée en vigueur rapide du Traité. La France et le Maroc présideront d’ailleurs en septembre prochain, ici à New York, la conférence ministérielle dite de l’article XIV du Traité.

Je pense également à la prochaine conférence d’examen du Traité sur la Non-Prolifération des armes nucléaires. En mai 2010 nous ne pourrons passer sous silence la gravité de la menace que font peser les crises de prolifération sur l’ensemble du régime de non-prolifération. Nous devrons nous en souvenir également lorsque nous discuterons du renforcement des garanties, ou encore de la réaction à adopter face à un Etat qui voudront sortir du Traité.


Enfin, nous devons appeler très fermement la Corée du Nord à reprendre la négociation dans le cadre des pourparlers à Six. La Corée du Nord doit faire le choix stratégique de renoncer de manière irréversible à son programme nucléaire militaire, et de rétablir des relations normales avec ses voisins. Sa population en sera le premier bénéficiaire. Ce sera le premier pas vers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne que la France, comme l’Union européenne, appelle de ses vœux. Je vous remercie./.



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