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18 juin 2009 - Conseil de sécurité - Irak - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Merci Monsieur le Président,

Monsieur le Président, je voudrais tout d’abord saluer votre présence et vous remercier d’être là pour présider nos travaux aujourd’hui. Je voudrais aussi bien sure remercier le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, M. de Mistura, un très ancien ami, pour son exposé devant le Conseil. Je voudrais saisir cette occasion pour saluer son action courageuse et efficace avec toute son équipe, et son engagement pour mettre en œuvre le mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité. Merci d’avoir, selon les mots propres que vous avez employé, contribué à rendre de l’espoir aux populations de l’Irak. Vous avez été, n’en doutez pas, un très digne successeur de Sergio Viera de Mello. Merci d’avoir mentionné son nom aujourd’hui et nous pensons à lui comme nous pensons, bien sure à tous ceux qui sont tombés avec lui à Bagdad. Sur un plan plus personnel enfin, je ne peux que souligner combien nous vous souhaitons un plein succès dans vos prochaines missions dans cette ville qui vous est chère. La communauté internationale a encore besoin de vous, et nous avons encore besoin de vous.

Monsieur le Président, le rapport du Représentant spécial était très complet. Nous en soutenons les analyses et nous en partageons les conclusions. Je voudrais soulever trois points seulement.

Aujourd’hui la Mission des Nations unies joue un rôle essentiel, et dans plusieurs domaines. En matière électorale d’abord avec son action efficace, en appui à la Haute commission électorale indépendante, pour assurer le bon déroulement du processus électoral, qui est le meilleur signe de la vigueur démocratique de l’Irak. Après la bonne tenue des élections au Conseil des gouvernorats le 31 janvier dernier, nous appuyons l’action de la Mission en vue du bon déroulement des élections parlementaires régionales au Kurdistan du 25 juillet prochain et les élections au Conseil des représentants prévues en janvier 2010.

Conformément à son mandat et aux recommandations faites par le Secrétaire général, la Mission doit également continuer à apporter son expertise au gouvernement irakien pour avancer sur la question des limites intérieures disputées, en particulier s’agissant de la région de Kirkouk. Nous nous félicitons, à cet égard, de la remise de rapports analytiques aux autorités fédérales irakiennes et au gouvernement régional du Kurdistan en vue de parvenir à un accord entre acteurs politiques irakiens sur cette question cruciale. C’est une question difficile mais dont la résolution est indispensable, et nous appelons tous les acteurs iraquiens à faire preuve d’audace pour avancer vers une solution acceptée par tous.

Mon deuxième point sera pour souligner que ces derniers mois ont été marqués en Iraq par des progrès importants vers l’établissement d’un pays sûr, stable, démocratique, unifié et prospère, où les droits de l’homme et l’état de droit sont respectés. La France félicite le Gouvernement iraquien pour ses efforts en ce sens, efforts qui viennent d’être rappelés et confirmés par le Représentant permanent iraquien, que nous remercions pour sa contribution, et qui souligne sa disposition à poursuivre et renforcer sa contribution à la stabilité et à la prospérité de l’Iraq. Il importe désormais, comme l’a souligné le Représentant spécial, de mettre à profit cette dynamique pour réaliser de nouveaux progrès concernant l’amélioration des conditions de vie du peuple iraquien ainsi que le processus de réconciliation nationale. Au-delà de la question de Kirkouk, cela passe notamment par l’achèvement du processus de révision constitutionnelle, ou encore par une amélioration tangible dans la vie quotidienne.

Troisième et dernier point, au-delà de la responsabilité première du Gouvernement iraquien et du rôle important joué par la Mission des Nations Unies, il nous semble que les États voisins doivent prendre toute leur place dans cet effort. C’est dans cet esprit que nous appuyons l’action de la Mission des Nations Unies visant à renforcer le dialogue régional. Nous souhaitons, en particulier, que le dialogue régional mené par l’Iraq avec ses voisins permette d’aborder les questions essentielles que sont le contrôle des frontières et les conditions d’un retour volontaire, sûr et digne des réfugiés. Les progrès recensés par le Représentant permanent tout à l’heure en sont un premier signe encourageant. Il est, nous semble-t-il, dans l’intérêt des États de la région de s’engager pour pérenniser la stabilité de l’Iraq. C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, nous tenons à saluer votre présence aujourd’hui au Conseil de sécurité. Le fait que vous présidiez ce débat et l’accord que vous venez d’obtenir sur une déclaration présidentielle du Conseil constitue une illustration du rôle constructif et positif que peut jouer un pays aussi important que la Turquie.

Je conclurai en soulignant qu’il importe que le cycle positif actuel permette à l’Iraq de recouvrer pleinement souveraineté. À ce titre, nous rappelons la demande formulée par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1859 (2008) que le Secrétaire général prépare un rapport, en consultation avec l’Iraq, sur les actions nécessaires pour lui permettre de retrouver un statut international égal à celui dont il disposait avant la résolution 661 (1990) du 6 août 1990. Nous attendons la remise de ce rapport et nous sommes prêts à travailler sur cette base, et dans le cadre des obligations internationales de l’Iraq, notamment les résolutions 773 (1992) et 833 (1993) sur la question des frontières avec le Koweït, et en concertation avec tous les États concernés.

Comme l’a indiqué le Président Sarkozy à Bagdad, en février dernier, « l’Iraq peut compter sur l’amitié de la France pour travailler avec lui à sa complète réinsertion dans la communauté des nations ».



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