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18 mars 2009 - Conseil de sécurité - Rapport du panel UA / ONU - intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Réunion publique du Conseil de sécurité sur le rapport présenté par le panel Union africaine / ONU au Secrétaire général des Nations unies

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le Président du Conseil de la République italienne,

Madame le Ministre,

Monsieur le Commissaire de l’Union africaine,

Chers collègues,


Je voudrais tout d’abord vous souhaiter la bienvenue, Mr. Le Président, et vous assurer de la volonté de coopération qui animera ma délégation dans nos relations avec vous. Je tiens à remercier le Secrétaire général et le Président Prodi pour leurs interventions ainsi que les autres orateurs qui se sont exprimés. Je salue la présence du Commissaire Lamamra ainsi que celle de la Ministre sud-africaine des Affaires étrangères. Je tiens à remercier le Secrétaire général pour avoir constitué ce Panel et nous avoir informé de son rapport, et la présidence libyenne d’avoir organisé ce débat.


Monsieur le Président, il y a bientôt 18 mois, le Président de la République française avait animé ici même une réunion du Conseil de sécurité au niveau des Chefs d’Etat et de gouvernement consacrée au thème de " L’Afrique et les défis à la paix et à la sécurité internationales ". Cette réunion avait notamment permis de souligner le rôle clef de l’Union africaine dans la matière. Ce rôle s’est encore renforcé depuis, à travers de nombreuses interventions pour prévenir ou participer au règlement de crises difficiles.

La France et l’Union européenne sont pleinement impliquées, et depuis longtemps, pour aider l’Union africaine à disposer des moyens nécessaires pour qu’elle puisse relever ces défis. Je m’associe pleinement à l’intervention que la présidence tchèque prononcera tout à l’heure au nom de l’Union européenne, qui est, je le rappelle, le premier partenaire financier de l’Union africaine : la Facilité de paix représente à elle seule 440 millions d’euros depuis l’année 2004 et 300 millions d’autres pour les trois prochaines années. Nous appuyons l’Union africaine dans les opérations qu’elle dirige, nous appuyons le renforcement de ses capacités structurelles, la constitution d’une architecture africaine de paix et de sécurité et la constitution de forces africaines en attente disponibles et formées à laquelle la France, avec notamment l’Italie, apporte une contribution opérationnelle majeure. La France soutient près d’une vingtaine de centres africains de formation à vocation régionale répartis sur tout le continent. Au-delà, l’Union européenne a noué avec l’Union africaine un véritable partenariat stratégique en matière de paix et de sécurité. Je rappelle enfin que la montée en puissance de la PESD de l’Union européenne, qui lui a permis d’intervenir avec efficacité sur le continent africain pour des missions de maintien de la paix, en fait un partenaire fiable et efficace tant pour les Nations unies que pour l’Union africaine.


Monsieur le Président, le rapport qui nous a été présenté aujourd’hui est une étape dans ce qui constitue un processus. Le Conseil de sécurité devra en effet intégrer au moins trois éléments dans sa réflexion :

1- Une approche générale. Le Panel a présenté des orientations sur la façon d’assurer un meilleur soutien aux opérations de l’Union africaine, le Conseil de sécurité devra étudier dans le détail les recommandations que le Secrétaire général lui présentera à cet égard, sur les questions d’organisation comme de financement. Son expertise est irremplaçable ;

2- La façon dont est mis en œuvre le soutien décidé par le Conseil de sécurité à l’AMISOM. La résolution 1863 que nous avons adoptée en janvier dernier a en effet encouragé le Secrétaire général à créer un fonds fiduciaire pour soutenir l’AMISOM et les forces de sécurité conjointes somaliennes, mais aussi a décidé du principe d’un paquet de soutien logistique à l’AMISOM, financé par les Nations Unies. L’urgence est de mettre en œuvre concrètement ces mesures. Le Secrétaire général a commencé à le faire. Nous souhaitons qu’il fasse aussi le point dans son prochain rapport au Conseil de sécurité.

3- Enfin, il faudra aussi prendre en compte la réflexion que le Conseil de sécurité vient de lancer à l’initiative de la France et du Royaume-Uni sur les opérations de maintien de la paix en liaison avec l’ensemble des autres acteurs concernés du système. Le Secrétaire général des Nations unies a rappelé d’ailleurs l’étude d’ensemble du système qu’il venait d’entreprendre. Alors que le nombre d’opérations et de soldats des Nations Unies croit fortement en tendance, les Nations Unies doivent collectivement réfléchir à la façon d’améliorer l’efficacité des opérations de maintien de la paix et articuler de façon plus efficace sur le terrain maintien de la paix, consolidation de la paix et développement. Les forces de maintien de la paix ne peuvent pas tout faire.


Monsieur le Président, notre première étape sera donc d’examiner en détail les recommandations du Secrétaire général. La France souhaite cependant dès à présent donner quelques indications générales sur la façon dont nous pourrons ensemble faire avancer ce processus. Il nous faut en effet concilier le nécessaire soutien à l’Union africaine avec le principe d’universalité des Nations Unies et avec le rôle particulier que la Charte confie au Conseil de sécurité.

Cela a deux types de conséquences. Dans le domaine politique d’abord, il ne peut y avoir de partage a priori des rôles, c’est-à-dire de régionalisation du maintien de la paix et de la sécurité internationales. L’Union africaine a évidemment un rôle central à jouer, mais le Conseil de sécurité a la responsabilité d’agir chaque fois qu’il l’estime nécessaire. Par ailleurs, nous devons prendre garde à une formalisation ou une institutionnalisation paralysantes de nos relations. C’est en agissant sur le terrain que nous les renforcerons.

Dans le domaine financier, nous partageons l’objectif de parvenir à un financement pérenne des actions de maintien de la paix de l’Union africaine. Le recours aux contributions obligatoires des Nations Unies n’est pas une bonne solution. Pour des raisons d’efficacité et de responsabilité, l’organisation qui finance le budget d’une opération doit en effet en assurer le contrôle et en diriger la chaîne de commandement. Au-delà, nous ne pouvons pas faire abstraction du contexte très contraint du financement des Nations Unies elles-mêmes, qui font face à une charge croissante avec un budget de près de 8 Mds de dollars annuels pour le financement des opérations de maintien de la paix.

En revanche, des pistes prometteuses existent, comme la création d’un fonds fiduciaire à caractère global, permanent et aux ressources rapidement mobilisables , financé par des contributions volontaires et conçu de façon à attirer des moyens additionnels, notamment pour répondre à des besoins imparfaitement pris en charge aujourd’hui, comme ce qui est directement lié aux matériels militaires.


Monsieur le Président, je salue les efforts du Panel présidé par M. Romano Prodi. Au-delà des quelques divergences qui sont perceptibles aujourd’hui, je crois nécessaire de souligner que nous débattons non du principe, mais du meilleur moyen de soutenir les opérations de l’Union africaine et l’Union africaine elle-même. La France remercie le Secrétaire général pour les premières indications qu’il nous a données aujourd’hui et nous examinerons dans le détail le rapport qu’il présentera au Conseil de sécurité sur ces questions dans quelques mois.

Je vous remercie.



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