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20 mars 2009 - Réunion publique du Conseil de sécurité - Soudan (Darfour) - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je souhaite remercier Rachid Khalikov de son exposé sur la situation humanitaire au Darfour qui constitue notre principale priorité aujourd’hui.

1/ Je tiens en premier lieu à condamner les attaques lancées contre la MINUAD : celle du 17 mars à Nyala qui a causé la mort d’un casque bleu nigérian, celle du 9 mars qui a visé un véhicule de la MINUAD à Al Geneina et blessé quatre soldats.

Nous espérons que les autorités soudanaises pourront faire en sorte que les auteurs de ces attaques soient arrêtés. Nous appelons tous les acteurs soudanais à coopérer pleinement avec la MINUAD qui est au Soudan pour sauvegarder la paix et venir en aide aux plus démunis. Il faut faire en sorte que son déploiement s’achève rapidement.

2/ Nous appelons toutes les parties à coopérer pour que la situation humanitaire ne s’aggrave pas au Darfour.

Nous déplorons à nouveau la décision soudanaise d’arrêter les activités de plusieurs ONG soudanaises et d’expulser plus d’une dizaine d’ONG internationales menant des activités humanitaires vitales et qui bénéficiaient d’une réputation internationale de sérieux et d’impartialité. La France, tout comme l’ensemble de l’Union européenne, et comme la fait le SGNU et OCHA, souhaite que les autorités soudanaises reviennent sur leur décision et a fortiori ne procède pas à de nouvelles expulsions. Les opérations des ONG visées par la décision gouvernementale représentent plus de 60% de la réponse humanitaire au Darfour. Le représentant d’OCHA l’a rappelé, cette décision menace donc de priver 1,1 million de personnes de nourriture, 1,5 million de personnes de soins de santé et plus d’un million de personnes d’eau potable. Nous attendons le résultat de l’enquête conjointe menée par le BCAH et les autorités soudanaises pour mesurer de manière plus précise l’ampleur des conséquences de cette décision, qui place les populations concernées dans une situation de précarité insupportable. Je voudrais enfin rendre hommage à la MINUAD et aux agences des Nations Unies (PAM, UNICEF, HCR, OMS) qui font de leur mieux pour éviter un drame humanitaire épouvantable.

Monsieur le Président,

Nous regrettons la rudesse et la rapidité avec laquelle les services du gouvernement soudanais ont mis en œuvre la mesure d’expulsion, mais aussi les manœuvres d’intimidation et le harcèlement dont font l’objet les ONG encore sur place. Il nous parait indispensable que soit assurée la protection des 6000 personnes qui constituait le personnel national des ONG expulsés. Il est également très important de protéger les biens des ONG expulsées.

La poursuite des opérations humanitaires au Darfour est vitale pour les plus de 4 millions de personnes qui en dépendent, en particulier les 2,5 millions de déplacés. La protection des populations du Darfour est en jeu et impose que l’ensemble des acteurs, à commencer par les autorités soudanaises, fassent preuve d’esprit de responsabilité, quelles que soient les circonstances. Je rappel à cet égard l’impérieuse nécessité pour l’ensemble des parties au conflit de respecter les principes du droit international humanitaire qui s’imposent à eux. Je pense en particulier aux dispositions régissant l’accès humanitaire aux victimes et la protection des travailleurs humanitaires. Monsieur le Président,

3/ Les questions de l’aide humanitaire et de la justice pénale internationale doivent absolument rester séparées.

La France rappelle son soutien à la justice pénale internationale et à son indépendance, et l’obligation du Soudan de coopérer avec la CPI conformément à la résolution 1593. S’en prendre à sa propre population n’est en tout cas certainement pas la bonne attitude. Et c’est parce que nous croyons aux vertus du dialogue et à la nécessité d’apporter une réponse politique à la crise que nous pensons que la lutte contre l’impunité est indissociable de la recherche de la paix au Darfour comme ailleurs dans le monde.

C’est pourquoi nous attendons avec intérêt le débat que nous pourrons avoir le 26 mars avec le médiateur conjoint M. Bassolé. Je vous remercie./.



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