Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

25 mars 2009 - Conseil de sécurité - Débat ouvert sur la situation au Proche-Orient - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je souhaite en premier lieu remercier le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Pascoe, pour sa présentation. Il appartient aux Etats de la région et à la communauté internationale de faire en sorte que la période actuelle de transition dans la région, telle que décrite par M. Pascoe, permette de poser les fondations de la paix au Proche-Orient. Comme l’a dit le Président Sarkozy, la paix est possible même si elle exigera des concessions douloureuses et un réel courage politique. J’aborderai trois points principaux :


1. S’agissant de la situation à Gaza, et ce sera mon premier point, la consolidation du cessez-le-feu, qui passe par la pleine mise en oeuvre de la résolution 1860, reste la priorité : la résolution 1860 a posé les principaux paramètres d’un cessez-le-feu durable, notamment la réouverture des points de passage ou encore la mise en place de mécanismes permettant la fin de la contrebande d’armes. A cet égard, nous soutenons les efforts égyptiens et appelons les parties à avancer rapidement vers un accord.

La France et l’Union européenne sont déterminés à prendre toutes leurs responsabilités en appui à la mise en œuvre complète de la résolution 1860. L’Union européenne s’est notamment dite prête à réactiver la mission EUBAM RAFAH dès que les conditions le permettront et à étudier la possibilité d’étendre son assistance à d’autres points de passage si la sécurité est assurée.

La question de l’ouverture des points de passage est, bien entendu, décisive pour améliorer la situation humanitaire et pour que la reconstruction de Gaza puisse être menée à bien. A cet égard, nous saluons la tenue de la conférence de Charm el Cheikh et les promesses de contributions qui y ont été annoncées. Il était important que cette réunion concerne à la fois Gaza et l’ensemble de l’économie palestinienne : cet effort s’est ainsi inscrit dans la continuité de la Conférence de Paris et a permis de rappeler que l’Autorité palestinienne doit assurer la maîtrise et la supervision de toute entreprise de reconstruction.

Monsieur le président, il n’y a pas de solution militaire à la crise à Gaza. Nous avons condamné à plusieurs reprises et continuons à condamner encore les tirs de roquettes. Nous avons également condamné les opérations militaires terrestres israéliennes à gaza et les bombardements par l’armée israélienne d’hôpitaux palestiniens et de bâtiments de l’UNRWA.

La France estime que le droit international humanitaire doit être respecté en tout lieu, en toute circonstance et par toutes les parties au conflit. Dans ce contexte, nous avons soutenu la décision du SGNU de créer un panel d’enquête et nous attendons que les conclusions en soient présentées au Conseil de sécurité.

Parallèlement aux efforts mentionnés ci-dessus, nous continuons d’appeler à la libération inconditionnelle et immédiate de Gilad Shalit. Nous appuyons la médiation égyptienne et suivons avec la plus grande attention les discussions en cours.


2. Mon deuxième point concerne les étapes qui doivent être franchies rapidement par les deux parties afin de mettre sur les bons rails le processus de paix :

Je tiens, en premier lieu, à mettre en exergue l’importance de la réconciliation inter-palestinienne : les Palestiniens doivent pouvoir parler d’une seule voix. Il ne pourra en effet pas y avoir d’accord de paix avec une partie seulement du peuple palestinien, ni d’Etat palestinien viable sans Gaza. Alors que les pourparlers en vue d’une réconciliation inter-palestinienne se heurtent à de nombreux défis, nous continuons à soutenir les efforts de médiation égyptiens.

Nous espérons qu’un pas important pourra être franchi, notamment avec la perspective du sommet arabe de Doha, en direction de la réconciliation interpalestinienne. Les pays de la région ont, bien entendu, un rôle important à jouer. Le moment venu, nous serons prêts à travailler avec un gouvernement d’Union nationale qui respectera les principes fondamentaux du processus de paix et acceptera de reprendre les négociations avec Israël pour aboutir à la solution de deux Etats.

Nous continuons par ailleurs à apporter tout notre soutien à l’Initiative arabe de Paix, qui doit constituer une base essentielle d’un règlement global et durable au Proche-Orient.

Nos attentes sont également fortes à l’égard des nouvelles autorités israéliennes. Malgré des appels répétés unanimes de la communauté internationale, les activités de colonisation se pousuivent. Une vague de démolitions de maisons habitées par des Palestiniens à Jerusalem-Est est venue s’y ajouter. Comme l’a rappelé le Président de la République, la colonisation, en rendant plus difficile la perspective d’un Etat palestinien, ne contribue pas à la sécurité d’Israël mais, au contraire, accroît les dangers. Pour ne pas compromettre le processus de paix, le moment d’un geste fort d’Israël ne doit plus être repoussé : la colonisation doit être totalement gelée, conformément à tous les engagements pris depuis l’adoption de la Feuille de route.

Nous soutenons par ailleurs une reprise dès que possible des pourparlers entre Israël et la Syrie, dont l’aboutissement est indispensable pour une stabilisation de la région.

Monsieur le Président,

Les éléments que je viens d’évoquer détermineront, en cette période cruciale pour le Proche-Orient, les avancées vers la nécessaire reprise de négociations en vue de la création d’un Etat palestinien viable, sûr, moderne, indépendant et démocratique, vivant en paix aux côtés d’Israël dans des frontières sûres et reconnues. La paix doit être fondée sur le principe de l’échange de la terre contre la paix, sur les résolutions du CSNU et sur l’initiative arabe de paix. La communauté internationale et ce Conseil ont un rôle à jouer dans ce sens. Tout en ayant la conviction que la paix se négociera d’abord entre Israéliens et Palestiniens, la France est déterminée à prendre ou à soutenir toute initiative utile.


3. Enfin, pour terminer, permettez-moi, M. le Président de dire quelques mots de la situation au Liban : La France se félicite tout d’abord de la nomination, ce 24 mars, d’un ambassadeur de Syrie à Beyrouth, conformément à l’engagement pris par les chefs d’Etat syrien et libanais. Après l’établissement des relations diplomatiques, l’ouverture des ambassades et la nomination de l’ambassadeur du Liban en Syrie, il s’agit d’une étape historique dans la normalisation entre les deux pays.

Les autorités françaises ont par ailleurs saisi l’occasion de la visite d’Etat que vient d’effecteur le Président Sleimane à Paris pour réitérer leur soutien au Liban et pour réitérer leur attachement à la mise en œuvre de l’accord de Doha, qui a permis aux Libanais de retrouver la voie du dialogue et de la réconciliation nationale. Mon pays forme à cet égard le vœu que les élections législatives du 7 juin se dérouleront dans la stabilité et le respect des règles démocratiques et permettront de consolider l’unité et l’indépendance du Liban, auxquelles nous sommes tous attachés.

Mon pays a par ailleurs salué la mise en place, le 1er mars dernier, du Tribunal spécial, afin que l’impunité cesse et que la justice prévale enfin au Liban. Nous avons également rappelé l’importance que les Etats continuent à coopérer avec le bureau du procureur, comme le demande la résolution 1852 du Conseil de sécurité.

De manière générale, la France reste enfin attachée à la pleine mise en œuvre de toutes les résolutions du Conseil de sécurité, en particulier de la résolution 1701. Nous attachons, dans ce cadre, une attention particulière au renforcement de la coopération tripartite sous l’égide de la FINUL sur le terrain, au désarmement des milices dans le cadre du dialogue national et au respect stricte de l’embargo sur les armes ainsi qu’au règlement de la question de Ghajar. Le moment venu, des progrès sur la question de Chebaa seront nécessaires. Nous encourageons els travaux du SGNU à cet effet et invitons toutes les parties à s’engager dans un véritable " processus diplomatique ".

Je vous remercie./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU