Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

Elimination des violences à l’égard des femmes

Déclaration du ministre des Affaires étrangères et européennes
25 novembre 2009

"Il y a dix ans les Nations unies décidaient que le 25 novembre serait la journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes.

Une journée pour se mobiliser ou tout simplement pour dénoncer des violences commises 365 jours par an. Une journée internationale car il n’y a pas un seul pays au monde qui soit exempt de cette plaie aux formes multiples : sélection prénatale en fonction du sexe du foetus ; refus de l’éducation des petites filles ; mariages forcés et précoces ; violences conjugales ; violence liée à la dot et meurtres perpétrés au nom de l’honneur ; mutilations sexuelles féminines ; lapidations, harcèlement et intimidation au travail, à l’école et ailleurs ; proxénétisme et traite des femmes ; féminicide ; viol utilisé comme arme de guerre.

La liste ne s’arrête pas là et je sais bien que nombre de ces violences sont commises aussi en France. Ce n’est donc certainement pas en donneurs de leçons qu’il faut agir mais conscients qu’il y a là une nouvelle frontière pour les droits de l’Homme, un combat dont j’affirme aujourd’hui qu’il n’est pas la cause des femmes mais de l’humanité tout entière.

Depuis dix ans, nous avons agi pour rompre le silence sur la scène internationale. Faire en sorte que les violences contre les femmes ne soient plus dans l’ordre des choses ou une fatalité. Nous le faisons systématiquement en condamnant publiquement les violations les plus emblématiques : des coups de fouet pour une tenue soi-disant indécente par exemple. Nous procédons aussi de manière plus discrète - et plus fréquente- : nos Ambassades interrogent les gouvernements des pays concernés sur leur action contre ces violences, les incitent à adapter leur législation, développement des programmes de coopération avec la société civile etc... Nous avons fait adopter, sous présidence française de l’UE, des lignes directrices sur la violence contre les femmes qui donnent un cadre européen à ces démarches.

Ces lignes directrices incitent également à lutter contre les discriminations dans la loi et dans la pratique dont sont victimes les femmes. Je souhaite que le conseil des droits de l’Homme des Nations Unies désigne un expert reconnu, à la compétence indiscutée pour faire avancer tous les pays dans cette voie.

Et puis il y a cette perversion absolue qui consiste à utiliser les violences sexuelles comme une arme pour terroriser et humilier. On l’avait observé en ex-Yougoslavie ; on le voit dans nombre de conflits en Afrique.

Face à ce constat, la France a depuis plusieurs années saisi le Conseil de sécurité pour faire des violences sexuelles une question centrale du mandat des opérations de maintien de la paix, qui sont ainsi habilitées à intervenir pour prévenir les violences ; à désigner nommément les auteurs ou commanditaires des violences et de permettre ainsi de les poursuivre ; et à informer en temps réel les Gouvernements de ces exactions. La France a aussi joué un rôle de premier ordre pour que soient poursuivis et sanctionnés les auteurs de violences sexuelles massives commises en temps de guerre. Je ne peux m’empêcher de penser bien sûr à la terrible situation des femmes de l’Est de la RDC, victimes dans les Kivus de violences insoutenables depuis de si nombreuses années et pour lesquelles il faut continuer de se mobiliser afin de mettre fin à leur calvaire.

Je pense aussi aux exactions commises en Guinée, tout récemment, qui ont été accompagnées d’atrocités contre les femmes. J’attends à cet égard que toute la lumière soit faite et les responsables identifiés par la Commission des Nations Unies qui a été chargée de mener une enquête internationale crédible.

Toutes ces initiatives comptent, mais je sais parfaitement qu’elles ne suffisent pas. Je lance un appel à la mobilisation de tous, en particulier à ceux dont la tâche est d’éduquer les générations futures, pour qu’ensemble nous construisions un monde fondé sur le respect."





(Photo : La MONUC visite un abri pour victimes d’abus sexuels.
Goma, RDC - 7 mars 2009
UN Photo/Marie Frechon)



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU