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"Il faut éviter un échec à la conférence de Durban" - Tribune conjointe de Natalie Kosciusko-Morizet et Alain Juppé (7 décembre 2011)

Les propositions de la France sur le climat

Les messages sont clairs, convergents et alarmants : le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat met en lumière l’élévation de la fréquence des événements climatiques extrêmes - inondations, sécheresses ou cyclones.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement rappelle que les efforts des Etats ne permettront pas de limiter à deux degrés d’ici la fin du siècle la hausse de la température moyenne de la planète. Si des actions décisives ne sont pas entreprises dans les cinq ans qui viennent, l’Agence internationale de l’énergie prévoit une élévation de la température de l’ordre de trois degrés, pouvant aller jusqu’à six degrés.

Ajouter six degrés en moyenne, c’est, sous certaines latitudes, en ajouter dix ou vingt. C’est une différence probable de plusieurs mètres du niveau des océans. Ce sont des populations déplacées par des catastrophes climatiques dans des proportions imprévisibles. C’est une menace pour la sécurité alimentaire de millions de personnes.

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre atteignent des niveaux record, celles des pays industrialisés mais aussi, de plus en plus, des économies émergentes. Et l’importante négociation internationale qui s’engage aujourd’hui à Durban semble éclipsée par la crise économique.

Certes, quelques grands pays, dont la France et ses partenaires européens, mènent de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Certains pays émergents ont compris l’importance de l’enjeu et ont amélioré leur efficacité énergétique. Mais ils mènent ce combat chacun de leur côté alors que ces phénomènes débordent les frontières. Sans une action internationale décidée et immédiate, nous paierons collectivement le prix de l’indécision. Le président des Maldives, que nous recevions à Paris en octobre, le disait de façon éloquente : " On ne négocie pas avec la Nature. "

La France veut, avec ses partenaires européens, tout faire pour éviter l’échec annoncé à Durban. Nous sommes prêts à prolonger les engagements du protocole de Kyoto, qui prend fin cette année, si la communauté internationale s’attelle dans le même temps à un nouvel accord, juridiquement contraignant.

Pour être à la hauteur des enjeux, cet accord doit impliquer les principales économies et afficher l’objectif de division par deux des émissions mondiales d’ici à 2050.

La France veut accompagner les efforts des pays en développement, particulièrement les plus vulnérables, comme elle s’y est engagée à Copenhague. Déjà, l’Union européenne a tenu ses promesses et versé plus de 4,6 milliards d’euros depuis 2010 pour financer la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement.

La France veut à aller plus loin pour assurer le financement des immenses besoins que réclame la lutte contre le changement climatique. La présidence française du G20 a fait de la mise en place d’une taxe sur les transactions financières l’une de ses priorités.

Ce financement doit s’accompagner d’autres initiatives, telles que l’instauration d’un prix du carbone sur les émissions du transport maritime et aérien international ou encore le développement des marchés carbone, comme le font ou l’envisagent la Chine, l’Inde, ou l’Australie.

C’est dans cet esprit que nous serons présents à Durban, ouverts au dialogue mais déterminés.

(Source : "Le Monde" daté du 8 décembre 2011)



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