Madagascar n’est pas inscrit à l’ordre du jour du Conseil de Sécurité. Les Nations Unies se sont cependant impliquées pour faciliter le dialogue entre les parties à Madagascar dès le début des troubles qui ont conduit à la prise du pouvoir par Andry Rajoelina le 17 mars 2009. Le Secrétaire général a d’abord dépêché sur place M. Haile Menkerios, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, puis a nommé un conseiller politique en charge de Madagascar, M. Tiebile Drame, ancien ministre des Affaires étrangères du Mali.
M. Dramé participe en particulier à l’équipe conjointe de médiation mise en place pour faciliter les négociations entre les quatre mouvances malgaches et composée, outre M. Dramé, de l’ancien Président du Mozambique, M. Joaquim Chissano, pour la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), M. Ablassé Ouedraogo pour l’Union Africaine et du Premier Ministre togolais M. Edem Kodjo pour l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Pour les Nations Unies, l’enjeu est d’accompagner le travail de la médiation internationale en mettant les ressources nécessaires à sa disposition pour parvenir à retour rapide à l’ordre constitutionnel, via l’organisation d’élections dans des conditions acceptables.
Le 7 avril 2009, M. Lynn Pascoe, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a informé le Conseil de Sécurité des efforts de facilitation menés au cours des semaines précédentes. Les membres du Conseil de sécurité ont appelé à un retour rapide à un ordre constitutionnel au travers d’un processus inclusif et rapide débouchant sur des élections. Ils ont accueilli favorablement l’annonce par l’Union africaine de la création d’un groupe international de contact (G.I.C.) pour Madagascar.
La France souhaite un retour rapide à une vie constitutionnelle normale, sur la base d’un dialogue national et selon un calendrier électoral qui doit être accéléré, dans l’intérêt du peuple malgache. Elle participe à la mise en place du groupe international de contact permettant de coordonner l’action des Nations Unies, de l’Union africaine, de l’OIF, de la Commission de l’Océan indien, de l’Union européenne, de la SADC, et des principaux partenaires bilatéraux de Madagascar.
A New York, le 24 septembre 2009, à la suite d’un vote demandé par la SADC, l’Assemblée générale a décidé de ne pas autoriser le président de la Haute autorité de transition, M. Rajoelina, à intervenir lors du débat d’ouverture de la 64ème session. Seuls 33 Etats membres sur les 192 ont pris part au vote. La France n’a pas voté.
Grâce au processus de médiation, un accord de partage du pouvoir a été obtenu le 6 novembre 2009 à Addis-Abeba entre les mouvances malgaches.
Le 17 novembre 2009, au cours de consultations, le Conseil de sécurité a examiné la situation à Madagascar sous points divers. Le président du Conseil de sécurité a fait les remarques suivantes à la presse après la réunion : « Les membres du Conseil de sécurité se félicitent de l’accord de consensus obtenu à Addis-Abeba le 6 novembre. Ils appuient les efforts de l’ONU dans le processus, en particulier la Mission de consultation électorale qui a été envoyée cette semaine. Les membres du Conseil de sécurité encouragent les forces politiques à Madagascar à former rapidement un gouvernement. Ils encouragent l’équipe de médiation à poursuivre ses efforts pour aider à mettre en œuvre les prochaines étapes convenues à Addis-Abeba, en particulier le référendum sur la constitution et l’organisation des élections. "
Depuis le retour d’Addis-Abeba, des difficultés ont néanmoins persisté pour désigner les membres du nouveau gouvernement. Le Président de la Transition A. Rajoelina a finalement décidé de nommer un nouveau Premier Ministre Camille Vital le 21 décembre.
Le Groupe international de contact concernant la crise malgache se réunit à l’initiative de l’Union africaine à Addis-Abeba les 6 et 7 janvier 2010. La France est représentée par le Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, M. Alain Joyandet. Cette réunion, à laquelle il n’est pas prévu que les quatre mouvances malgaches participent, est l’occasion d’examiner les voies pour la reprise d’un dialogue entre les parties malgaches et pour l’organisation d’élections dans un délai rapproché.
(Janvier 2010)